Pressions internationales et impératifs de croissance >
Fin décembre, la Banque populaire de Chine a fixé le renminbi à son niveau le plus élevé face au dollar depuis quinze mois. La devise chinoise s'est appréciée d'environ 4 % face au billet vert depuis le début de l'année, le signe d'une tolérance accrue de Pékin envers un renforcement graduel de sa monnaie. Avec un excédent commercial dépassant les 1 000 milliards de dollars, la Chine devrait voir, en théorie, sa devise s'apprécier naturellement sous l'effet des forces de marché. Or le yuan est longtemps resté relativement faible, soutenant la compétitivité des exportateurs chinois et alimentant les critiques des partenaires commerciaux occidentaux. L'apaisement des tensions tarifaires avec Washington après la trêve d'octobre a ouvert une fenêtre pour laisser la monnaie se renforcer. Mais Pékin avance avec prudence : laisser le yuan s'apprécier trop vite risquerait de fragiliser les exportations du pays, qui soutiennent sa croissance et compensent l'atonie de la consommation. Ce dilemme illustre une tension plus profonde. La Chine aspire à faire du renminbi une devise de référence internationale, mais cette ambition suppose une monnaie dont la valeur reflète les fondamentaux économiques. Tant que Pékin privilégiera la compétitivité à court terme, l'internationalisation du yuan restera un horizon lointain.