PHILIPPE BAS, CONFESSIONS DE L'« OPPOSANT CONSTRUCTIF » >
Le président (LR) de la Commission des lois constitutionnelles du Sénat, Philippe Bas, est au cœur de l'actualité depuis plusieurs jours avec l'affaire Benalla, dont il préside également la commission d'enquête qui a repris ses travaux la semaine dernière au palais du Luxembourg. Celui qui se présente volontiers comme un « opposant constructif » au chef de l'Etat s'est confié à La Lettre de L'Expansion sur les propos tenus par Alexandre Benalla lui-même à son encontre (il a comparé le sénateur à un « petit marquis », ajoutant : « Ce sont des petites personnes qui n'ont aucun droit et aucun respect pour la République française. » (en parlant des sénateurs, NDLR). « Ces propos sont inadmissibles », réagit d'emblée le sénateur Bas. S'il se permet cela, c'est qu'il a l'habitude de prendre la main, de ne pas avoir de barrières. » Le parlementaire s'étonne également des commentaires faits par l'exécutif à l'encontre de la commission d'enquête, comme lorsque, par exemple, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a dit « regretter » que ce ne soit pas un sénateur En marche qui préside cette commission d'enquête. « L'exécutif tente une politisation de cette commission d'enquête. Ce sont eux qui veulent porter l'affaire sous un angle politique. Et c'est une vraie maladresse… » Serein mais déterminé, le sénateur de la Manche tient également à réaffirmer l'importance du contre-pouvoir que représente le Sénat :
« Nous sommes libres et indépendants. Nous sommes le seul contre-pouvoir non aligné. Alors quand certaines personnes sont à la recherche de combustible pour tenter de perturber la commission d'enquête… ça ne marchera pas. » Et le sénateur de prévenir : « Il n'y a pas de moyen de pression sur nous ! Je le répète : nous sommes libres et indépendants. » A l'issue de cette commission d'enquête, un rapport et des propositions seront rendues. Alexandre Benalla devrait être entendu le 19 septembre prochain.