États généraux de l'information Dissidence et lobbying >
D émarrés en septembre dernier, les États généraux de l'information (EGI), qui doivent déboucher en juillet 2024 sur des propositions de réformes du secteur des médias, tentent toujours de trouver leurs marques. Décentralisées pour éviter toute accusation de parisianisme, les consultations publiques débuteront le 29 novembre à Auxerre, dans l'Yonne. Cette volonté affichée d'ouverture et d'anti-élitisme n'a pas empêché la création des États généraux de la presse indépendante par un collectif d'une cinquantaine de médias digitaux de gauche (Les Jours, Arrêt sur images, Media-part, etc.). L'organisation dissidente et opposante à Emmanuel Macron tiendra sa première réunion le 30 novembre à Paris. Elle ne gênerait qu'à la marge le chantier de concertation mené par Bruno Lasserre et Christophe Deloire, copilotes des EGI, si elle restait cantonnée auxdits pure-players. Or, elle a aussi embarqué le SNJ et le SNJ CGT, les deux principaux syndicats de journalistes, au cœur de toute réforme future de l'information. Dans ce contexte déjà troublé, les syndicats, cette fois patronaux, des médias jouent parallèlement leur partition parfois antagoniste. Sur la question centrale du financement futur des médias, le Syndicat national de la publicité TV (SNPTV), émanation des chaînes privées, aurait ainsi relancé une étude visant à légitimer les spots promotionnels de la grande distribution. Ils sont aujourd'hui interdits d'écran. Une éventualité contre laquelle l'Alliance de la presse d'information générale (APIG), porte-drapeau notamment des quotidiens régionaux, fera une nouvelle fois barrage lorsqu'elle sera entendue par les groupes de travail des États généraux.