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Pouvoirs / Éditorial / 11/03/2024

Exubérance rationnelle

C'est à y perdre son latin. Des bruits de bottes se font entendre partout sur la planète. En Ukraine, bien sûr. À Gaza et au Sud Liban. Et dans l'archipel de Kinmen, tout près de Taïwan. Sans compter les déclarations « va-t'en-guerre » de notre président de la République. De fait, l'or, valeur refuge par excellence, bat des records. Mais, au même moment, l'indice CAC 40, qui a déjà gagné plus de 6 % depuis le début de l'année, vient de franchir la barre des 8 000 points. Et cela sans l'appui de l'une de ces « sept magnifiques » valeurs technologiques qui donnent le tournis aux investisseurs américains. On pourrait se demander si « la main invisible » du marché, chère à Adam Smith, n'est pas devenue un peu trop excentrique. Mais plusieurs indices sont là pour nous rassurer. D'abord, la Banque centrale européenne est bien partie pour baisser les taux dès le mois de juin prochain. Ensuite, après les très belles publications de résultats de la part des grandes entreprises françaises, le PER moyen du CAC 40 s'établit autour de 14 fois, sur la base des estimations de bénéfices pour 2024. Enfin, cette année, les distributions de dividendes et les rachats d'actions pourraient atteindre 98 milliards d'euros. Ce qui représente un taux de rendement de 3,8 %. Autant dire que notre indice pourrait continuer à faire des étincelles. Sauf si l'escalade verbale de certains chefs d'État se transforme en une expédition militaire que nos bien maigres finances publiques n'auront pas les moyens de supporter. Yves de Kerdrel

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