La droite la plus bête du monde >
Mark Twain, qui fut imprimeur, journaliste, boursicoteur et surtout auteur des Aventures de Tom Sawyer, avait écrit, il y a plus d'un siècle : « Les gens de gauche inventent de nouvelles idées. Quand elles sont usées, les gens de droite les adoptent. » Un mois après sa formation, le gouvernement de Michel Barnier redonne du crédit à cette formule. Le modem de François Bayrou, dont plusieurs proches ont été nommés ministres, s'est ainsi allié au Nouveau Front populaire pour voter, il y a quelques jours, la pérennisation de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. Il faut dire que la droite a une certaine expérience en matière d'impôts provisoires. Puisque la CRDS, créée en 1996 par Alain Juppé, et qui devait prendre fin en 2009, existe toujours et n'est pas près de disparaître. Autre exemple de ces vieilles recettes éculées reprises par le gouvernement Barnier : une ponction de plus de 7 milliards d'euros sur deux ans dans les caisses de l'Unedic. Cet organisme paritaire aurait pourtant volontiers utilisé cet argent pour se désendetter. Quand la droite se met à taxer tous ceux qui créent de la richesse dans ce pays bien davantage que d'anciens socialistes comme Élisabeth Borne ou Gabriel Attal, on ne s'étonnera pas que Laurent Wauquiez fasse élire une insoumise à la présidence de la commission des Affaires économiques. Non seulement la droite française se montre incapable de renouveler ses idées, mais surtout elle persiste à être « la plus bête du monde ». Une formule utilisée pour la première fois par Guy Mollet en 1957 et qui n'a hélas pas pris une ride.