Syndicats et radios privées montent déjà au créneau >
Avant même de commencer à être débattue ce lundi 30 juin à l'Assemblée nationale, la réforme de l'audiovisuel public a provoqué une grève illimitée au sein du groupe Radio France. Ses programmes ont ainsi été largement perturbés dès le 26 juin. Les syndicats CFDT, CGT, FO, SNJ, Sud et Unsa seront suivis par leurs homologues de France Télévisions qui appellent également à cesser le travail à partir du 30 juin. Soutenue par la ministre de la Culture Rachida Dati, la proposition de loi du sénateur UDI Laurent Lafon prévoit d'une part une réforme de la gouvernance des deux pôles audiovisuels publics radio et télévision. Ils seraient à l'avenir chapeautés par la holding commune France Médias afin de renforcer les synergies et l'agilité entre France Télévisions et Radio France.
Dans un contexte de coupes drastiques des dépenses de l'État, la réforme prévoit par ailleurs des réductions budgétaires vis-à-vis des télévisions et radios publiques. Afin d'aider à les compenser, la proposition de loi Lafon prévoit notamment de supprimer le plafonnement des recettes publicitaires de Radio France, actuellement limitées à 42 millions d'euros par an. Une ouverture du marché synonyme de concurrence accrue pour les radios privées. Via leur syndicat professionnel, l'Alliance de la radio, ces dernières ont vivement protesté contre cette mesure qu'ils estiment déloyale. Les patrons de radio refusent ainsi que « la publicité, seule source de financement des radios privées, soit une variable d'ajustement des financements de l'audiovisuel public ».