Opérations financières Le marché français des fusions et acquisitions reste poussif >
En dépit de l'imprévisibilité et de l'incertitude que Donald Trump a fait naître dans l'esprit des dirigeants d'entreprise, le marché mondial des fusions et acquisitions a repris quelques couleurs au cours des six premiers mois de l'année. Le fournisseur de données LSEG (ex-Refinitiv) a répertorié quelque 22 600 transactions conclues pour un montant global de 1880 milliards de dollars. Ce qui fait ressortir une progression de 30 % par rapport au premier semestre 2024. Ce rebond est loin d'être encore perceptible en France où les opérations en valeur ont reculé de 6 % au cours de cette première partie de l'année et ont augmenté de 3 % en nombre. Dealogic est beaucoup moins optimiste avec une baisse de 32 % des opérations conclues et un recul de 15 % de leur valeur cumulée.
Quel que soit le fournisseur de données, c'est Rothschild & Co qui tire son épingle du jeu avec une première place remportée grâce notamment aux deux deals réalisés par BPCE (rapprochement de la gestion d'actifs avec la même activité de Generali et annonce du rachat de Novo Banco au Portugal) à l'opération PAI-Alvest et au rachat par Lactalis des yaourts de General Mills. De son côté, Lazard qui figure tout de même chez Dealogic à la quatrième place se retrouverait deuxième si le nouveau tour de financement de Ceva avait été comptabilisé (plus de 9 milliards d'euros). Centerview réalise une très belle percée avec la cinquième position chez Dealogic et à la quatrième chez LSEG. Le bureau parisien que dirige Matthieu Pigasse a signé le deal Renault-Autostrade, le rachat d'actions Sanofi cédées par L'Oréal, l'acquisition de Kate Farms par Danone et l'entrée de Sanofi au capital de plusieurs biotechs. Il reste que les banquiers français restent plus prudents que leurs congénères américains sur la seconde partie de l'année du fait d'un climat d'incertitude.