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Business / Télécoms / 20/10/2025

À quel prix Patrick Drahi est-il prêt à discuter de la vente de SFR ?

Le dossier SFR connaît une soudaine accélération depuis quelques jours. Mardi dernier, Orange, Bouygues Telecom et Iliad (marque Free) ont déposé auprès d'Altice France une offre non engageante en vue de l'acquisition de SFR. Cette offre qui portait sur un montant total de 17 milliards d'euros en valeur d'entreprise inclut donc la reprise des 15,5 milliards d'euros de dette encore au passif de SFR, après la restructuration financière qui vient de s'achever. Cela signifie que la valeur « en equity » était estimée par les trois opérateurs autour de 1,5 milliard d'euros. Un montant inacceptable bien sûr pour les dirigeants d'Altice France qui ont immédiatement rejeté l'offre, avec le conseil de leurs deux banquiers Vincent Le Stradic, associé-gérant chez Lazard Frères, et Thierry Varène chez BNP Paribas.

On peut légitimement penser que les trois initiateurs de l'offre s'attendaient à ce refus et qu'il s'agissait d'une posture de négociation. Toute la question est donc de savoir à partir de quel montant Patrick Drahi (actionnaire à hauteur de 55 % d'Altice France), les créanciers du groupe et les deux administrateurs indépendants garants de l'intérêt social du groupe, Nick Read et Pierre-André de Chalendar, vont commencer à prendre en considération une offre. Le montant proposé mardi dernier équivalait à une valeur d'entreprise de 21 milliards d'euros pour l'ensemble Altice France (si l'on valorise les 50 % de XpFibre autour de 2 milliards, Intelcia et les installations techniques à environ 1 milliard d'euros, les actifs ultramarins à 500 millions d'euros et les data centers à 300 millions). On était donc très loin des 28,3 milliards de valorisation officielle retenus par Patrick Drahi et ses créanciers, il y a six mois, lors de la restructuration financière. Pour plusieurs des protagonistes du dossier, un prix d'équilibre pourrait être trouvé sur la base d'une valeur d'entreprise d'Altice France plus proche de 24 milliards d'euros, correspondant à un multiple de sept fois l'Ebitda attendu pour cette année.

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