La question de l'évaluation du patrimoine >
Un aspect technique négligé dans le débat sur la taxe Zucman concerne l'évaluation des actifs non cotés. Comment déterminer avec précision la valeur d'une collection d'art, d'une participation dans une entreprise familiale non cotée ou de brevets technologiques ? Pour les actions cotées en Bourse, la valorisation ne devrait pas poser un problème, mais elle fluctue quotidiennement. Pour complexifier la tâche, une partie des grandes fortunes est constituée d'actifs illiquides dont la valeur fluctue selon les méthodes d'évaluation. Une start-up peut être valorisée à 5 milliards lors d'un tour de financement, puis s'effondrer à quelques centaines de millions deux ans plus tard. Faut-il taxer sur la base du dernier tour de table ? L'expérience française de l'ISF montrait déjà ces limites : les redevables sous-évaluaient systématiquement leurs biens, et l'administration fiscale ne disposait ni du temps ni des ressources pour contester ces valorisations. Certains économistes suggèrent de limiter la taxe aux seuls actifs liquides et cotés, mais cela créerait une incitation à transformer son patrimoine en actifs non cotés. D'autres proposent de taxer uniquement la réalisation des plus-values, évitant ainsi le problème de valorisation des actifs détenus, mais aban-donnant le principe d'un impôt sur le stock de patrimoine.