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Business / Automobile / 30/03/2026

Ces chiffres qui inquiètent les dirigeants et les actionnaires de Stellantis

Un rapport réalisé par le cabinet AlixPartners, montre que plus de la moitié des usines européennes de Stellantis fonctionnent à moins de 50 % de leur capacité ; dont celles de Mulhouse et de Poissy.

Chaîne de montage robotisée d'une usine Stellantis (photo D.R.).
  • Les chiffres qui font peur. L’action Stellantis navigue actuellement dans ses plus basses eaux historiques. Si bien que le troisième constructeur automobile mondial n’affiche plus qu’une capitalisation boursière de 16,5 milliards d’euros alors qu’il y a exactement deux ans elle tutoyait les 80 milliards. Aux conséquences de la flambée des prix du pétrole sont venus s’ajouter les chiffres dramatiques contenus dans un rapport publié par le cabinet de conseil Alix Partners. Celui-ci a passé en revue l’outil industriel du groupe en Europe. Sa conclusion est que Stellantis dispose d’une capacité de production annuelle d’environ 6,5 millions de véhicules sur le continent, mais ses usines fonctionnent actuellement en moyenne à seulement 46 % de leur potentiel. Le groupe issu de la fusion de PSA et de Fiat-Chrysler souffre donc d’une surcapacité d’environ 3,5 millions de véhicules.
    D’après AlixPartners, Stellantis exploite 24 usines en Europe, dont 14 fonctionnent à moins de 50 % de leur capacité, un seuil généralement considéré comme critique pour la viabilité économique d’un site industriel. C’est le cas du site historique de Mirafiori en Italie (taux d’utilisation estimé à 33 %) ou de Pomigliano d’Arco. En France les usines de Mulhouse et de Poissy fonctionnent à environ la moitié de leur capacité.
  • Pourquoi c’est important. Ces chiffres publiés moins de deux mois avant l’annonce par Antonio Filosa, le 21 mai à Detroit, du nouveau plan industriel montrent que le groupe est face à une falaise. Soit il conserve son outil intact, et il doit alors accroître ses ventes et sa production en Europe. Ce qui est périlleux sur le plan réglementaire et géopolitique. Soit il suit l’exemple montré par Volkswagen il y a deux ans, qui a annoncé la fermeture de trois usines en Allemagne, et une en Belgique tout en s’engageant à supprimer pas moins de 35 000 emplois d’ici 2030. Et il ne peut pas procrastiner car la flambée des prix du pétrole et l’incertitude créée par le conflit en Iran risquent d’aggraver davantage la surproduction de l’ensemble de l’automobile européenne
  • La solution possible. Antonio Filosa aurait déjà évoqué devant les administrateurs de Stellantis une solution alternative consistant à ouvrir certaines usines européennes aux constructeurs chinois. Il aurait déjà pris contact avec XPeng et Xiaomi afin de discuter d’éventuels accords industriels. Cette solution permettrait aux constructeurs automobiles chinois de produire localement, contournant ainsi, au moins partiellement, les barrières commerciales et les droits de douane.
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