Règles de concurrence : en Europe, la fin du « toujours plus petit » ? (Fondation Robert Schuman) >
La Commission prépare la plus grande révision de ses règles sur les fusions depuis 2004. Et prend un virage majeur : Bruxelles lâche du lest pour faire émerger des géants technologiques européens.
- Le constat. L’affaire Alstom-Siemens, bloquée en 2019 au nom de la concurrence, avait provoqué un choc politique. Sept ans plus tard, la Commission assouplit sa doctrine. Ses nouvelles lignes directrices, dont le projet a fuité mi-avril, accordent un poids inédit à "l’innovation, l’investissement et la résilience du marché intérieur", dans l’évaluation des fusions. Une traduction concrète de l’appel du rapport Draghi à réconcilier concurrence et compétitivité face aux géants américains et chinois.
- Pourquoi c’est important. Dans une analyse publiée dans sa Lettre hebdomadaire, la Fondation Robert Schuman souligne l’ampleur du tournant : plus qu’un ajustement technique, un changement de philosophie, alors même que Teresa Ribera, vice-présidente chargée de la Concurrence, met en garde contre un assouplissement trop rapide. Les règles finales, attendues fin 2026, redéfiniront les conditions de la consolidation industrielle en Europe. Et la frontière, ténue et disputée, entre politique de concurrence et politique industrielle.