UE et Balkans : des lois transposées mais non appliquées (Fondation Robert Schuman) >
L’ancien diplomate albanais Besnik Mustafaj dresse un réquisitoire sévère : l’élargissement aux Balkans est devenu un exercice de traduction juridique, vidé de son contenu politique et moral.
- Le constat. Dans un "Schuman Paper", Besnik Mustafaj documente le fossé entre deux attentes contraires. D’un côté, les dirigeants balkaniques réduisent l’adhésion à l’Union Européenne à un exercice technique de transposition législative (le Premier ministre albanais a même proposé de confier la tâche à l’IA). De l’autre, les opinions publiques attendent de l’UE qu’elle supervise la construction de l’État de droit. Résultat : le soutien à l’intégration recule alors que les fonds européens augmentent.
- Pourquoi c’est important. L’écrivain et ancien diplomate Besnik Mustafaj pointe un paradoxe cruel : l’UE finance davantage des pays où la corruption dévore ses propres fonds. L’OLAF a ainsi confirmé la suspension des fonds IPARD pour l’agriculture albanaise en raison d’abus financiers. L’argent ne suffit pas : l’ancien diplomate albanais appelle à réenchanter le terrain des valeurs, à refaire de l’Union européenne, au-delà du simple guichet, "une source d’inspiration" et "un idéal".