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Le Lab / Entrepreneuriat / 25/05/2026

Reprises d’entreprises : l’impensé de la relance française (Institut Sapiens)

Près de 500 000 dirigeants de PME et TPE atteindront l’âge de la retraite d’ici 2035, mettant en jeu 3 millions d’emplois et 45 milliards d’euros de capital productif, selon l’Institut Sapiens.

Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, lors du lancement de l'opération "Objectif reprises", le 23 avril 2026 à Bercy (photo Telmo Pinto/NurPhoto/AFP).
  • Le constat. La France ne manque pas d’entrepreneurs. Elle manque de repreneurs. Dans une note publiée par l’Institut Sapiens, les chiffres sont vertigineux. Au rythme actuel, sur les 500 000 TPE PME dont les dirigeants atteindront l’âge de la retraite d’ici 2035, seules 130 000 seraient effectivement transmises dans les cinq prochaines années. Autrement dit, entre 20 et 30 % des cessations liées à un départ à la retraite se feraient sans repreneur. Les transmissions ont déjà chuté de 19 % entre 2010 et 2020. La tendance est durable, et le marché peine à rendre effective le nécessaire renouvellement générationnel des dirigeants.
  • Ce que montre l’étude. La note identifie cinq blocages structurels. Outre la longueur des délais et le faible engouement culturel pour les reprises, c’est, d’abord, un écart de valorisation : le cédant calcule le prix de sa retraite, le repreneur raisonne en capacité de remboursement, et l’apport qui peut être requis (300 000 à 500 000 euros) est un barrage. Ensuite, un marché largement invisible : la majorité des cessions se négocient dans des réseaux fermés (experts-comptables, notaires), pénalisant les primo repreneurs. Enfin, une fracture territoriale béante : le ratio repreneurs/cédants atteint 3,0 en Île-de-France mais tombe sous 1 dans d’autres régions. Les secteurs les plus exposés (industrie manufacturière, artisanat, services B2B) sont précisément ceux que la France tente de réindustrialiser.
  • Pourquoi c’est important. Le plan "Objectif Reprises" lancé en avril par le ministre des Petites et moyennes entreprises, Serge Papin, marque une prise de conscience, mais l’Institut Sapiens estime qu’il ne constitue pas encore une politique. Parmi ses sept recommandations : un crédit d’impôt "Continuité productive" pour les primo repreneurs, un guichet unique national et un Indice national de continuité productive (INCP) mesurant le risque de non-transmission par territoire. Le message est limpide : réindustrialiser sans traiter la transmission, c’est remplir un seau percé.
Cette semaine, dans la rubrique Le Lab