"Villes moyennes" : l’angle mort de la cohésion européenne (Mouvement pour le développement des villes sous-préfectures) >
Trop grandes pour les politiques rurales, trop petites pour les métropoles : les villes intermédiaires sont le parent pauvre des politiques européennes, dénonce l’ancien maire de Châteaudun.
- Le constat. La convergence entre États membres s’est accompagnée d’une divergence à l’intérieur des États. Ce sont les villes de 15 000 à 100 000 habitants qui en paient le prix, montre Fabien Verdier, président de l’association Mouvement pour le développement des villes sous-préfectures et ancien Maire de Châteaudun. Sous-préfectures françaises, Kreisstädte allemandes, capoluoghi di provincia italiens : même érosion démographique, même recul des services publics, même désertification médicale… La maille statistique NUTS 2, héritée de 1988, masque ces décrochages en noyant les villes moyennes dans des moyennes régionales tirées par les métropoles.
- Pourquoi c’est important. La négociation du cadre financier 2028-2034 ouvre une fenêtre. Parmi les propositions avancées par Fabien Verdier : créer une catégorie "villes intermédiaires" dans les fonds structurels ; flécher 10 % du FEDER vers leurs centres-villes pour financer la rénovation du bâti, des espaces publics, des services de proximité ; ou encore créer un Small Cities Facility, un guichet d’ingénierie dédié. L’enjeu est aussi démocratique : Brexit, AfD en Thuringe, Vox dans l’Espagne intérieure… c’est dans ces villes appelées "moyennes" que la défiance envers les institutions européennes progresse le plus.