L’IA générative s’invite dans le parcours d’achat des Français (Havas Market)
Deux Français sur trois utilisent désormais l’IA générative. Et ses usages débordent la simple recherche d’information : elle pèse de plus en plus sur les décisions d’achat.
- Le constat. L’IA générative est devenue un produit de masse : 66 % des Français y ont recours, à titre personnel ou professionnel, contre 59 % un an plus tôt. C’est ce que révèle le deuxième baromètre Havas Market, réalisé en mai 2026 auprès de 2 000 personnes représentatives de la population. Si les plus de 35 ans tendent à rattraper leur retard, l’usage est plus intense chez les jeunes : 79 % des 18-34 ans se servent de l’IA à titre personnel, contre 42 % des 55 ans et plus. Chaque utilisateur jongle en moyenne avec deux outils. ChatGPT domine toujours (81 %, et même 91 % chez les plus jeunes), tandis que Gemini s’impose comme le grand challenger avec un bond de 15 points (48 %), devant Copilot, Claude (+ 11 points) et Mistral AI. Le recours aux versions gratuites reste très majoritaire.
- Ce que montre l’étude. L’IA s’installe dans tout le parcours de consommation. Le moteur de recherche demeure globalement le point de départ majoritaire (53 % contre 42 % pour l’IA conversationnelle), sauf chez les 18-34 ans où cette proportion est inversée (40 % contre 53 % pour l’IA conversationnelle). Surtout, 34 % des utilisateurs jugent désormais l’IA "plus fiable" que les moteurs et médias traditionnels. Concernant les thématiques des requêtes, la santé s’impose en tête (49 %, + 14 points), devant le tourisme (38 %) et les loisirs (37 %). Dans une décision d’achat, l’IA aide à comparer les produits (47 %), inspire (43 %) et finit par peser : 55 % des utilisateurs passent à l’acte après l’avoir consultée, contre 47 % en 2025. Et jusqu’à 65 % se disent même prêts à lui déléguer certains achats.
- Pourquoi c’est important. Pour les marques, le message est limpide : le parcours client est à repenser. L’IA n’est plus un simple outil de productivité, mais un véritable levier de prescription et de conversion. Reste une équation délicate, celle de la monétisation publicitaire : si des contenus sponsorisés apparaissaient dans les réponses, 26 % des utilisateurs verraient leur confiance s’éroder et 25 % réduiraient leur usage. Un arbitrage critique entre revenus et crédibilité, au moment où l’IA est en passe de gagner la bataille de la confiance.