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Le Lab / Assurances / 22/06/2026

Catastrophes climatiques : l’État, assureur de dernier recours malgré lui (Bruegel)

Les budgets publics européens absorbent une part croissante du coût des catastrophes climatiques. Bruegel plaide pour un changement de stratégie, fondé sur la prévention et le partage du risque.

Après les inondations en février 2026 à Cheffes, dans le Maine-et-Loire, des bénévoles de la Croix-Rouge et des habitants participent au nettoyage de maisons (Photo Jean-Michel Delage/Hans Lucas/AFP).
  • Le constat. Entre 1980 et 2024, les aléas météorologiques et climatiques extrêmes ont coûté 822 milliards d’euros de dommages directs à l’UE, dont un quart sur les seules quatre dernières années. Or l’assurance ne couvre en moyenne que 20 % des dommages – avec de fortes disparités, de 1 % en Roumanie à 61 % au Danemark –, ce qui transforme l’État en assureur de dernier recours. À titre d’exemple, les inondations de 2021 en Europe de l’Ouest ont coûté 53 milliards d’euros de financements… improvisés. En effet, seuls quatre pays de l’Union disposent à ce jour d’un fonds dédié : la France, la Hongrie, l’Autriche et l’Italie.
  • Pourquoi c’est important. Sans réforme, prévient le think tank bruxellois, catastrophes, dette et perte de croissance risquent de s’alimenter mutuellement, dans un engrenage difficile à enrayer. Les dommages pourraient atteindre 284 milliards d’euros sur 2027-2030, dans le pire scénario. Bruegel recommande d’investir dans l’adaptation – un dollar investi pouvant en rapporter jusqu’à dix –, de réduire le déficit d’assurance, d’assortir l’aide publique d’une exigence de reconstruction plus résiliente et de mutualiser les risques à l’échelle de l’UE, via un fonds européen contre les catastrophes naturelles. Le coût budgétaire des aléas météorologiques et climatiques ne pourra être contenu qu’en passant d’une logique de réparation ad hoc à une stratégie d’anticipation, d’assurance et de partage du risque.
Cette semaine, dans la rubrique Le Lab