Kelly Kliebhan :
"Un service exceptionnel repose toujours sur l’humain, même dans un monde de plus en plus numérique."
Après avoir grandi dans le Wisconsin, été stagiaire à la Maison Blanche, travaillé aux États-Unis puis en Angleterre, la Franco-Américaine Kelly Kliebhan, dirige depuis deux ans le loueur automobile Sixt France et ses 200 agences de location. Elle est l’invitée de notre "Coffee talk".
Comment vous informez-vous au quotidien ?
J’aime mélanger "brèves" numériques et analyses plus approfondies. Je commence généralement ma journée en consultant les principales sources d’information pour prendre le pouls de l’actualité mondiale, du marché français et du secteur dans le lequel j’évolue, la mobilité. L’IA est formidable pour aider à sélectionner des informations sur les sujets qui m’intéressent, notamment la géopolitique, les marchés et l’actualité culturelle.
Que lisez-vous le matin ?
J’ai un triptyque : Le Financial Times, Les Échos et le New York Times. Et, le week-end, je continue à apprécier les moments de lecture des versions papier…
Quelle nouvelle pourrait vous mettre de bonne humeur en ce moment ?
Toute actualité qui nous rappelle que nous progressons. Un investissement dans la santé des femmes, une avancée scientifique, un entrepreneur qui crée quelque chose d’utile, une équipe qui dépasse toutes les attentes, qui obtient des résultats inattendus… ou tout simplement un geste de gentillesse qui redonne un peu confiance en l’humanité.
Consultez-vous votre téléphone dès que vous vous levez ?
Oui. Mais je ne consulte pas mes e-mails en premier. Je commence généralement par échanger avec ma famille aux États-Unis, car ils terminent leur journée alors que la mienne ne fait que commencer, puis j’enchaîne sur les actualités. J’aimerais ne pas consulter mon téléphone si tôt, mais dans le secteur des services, c’est difficile de s’en empêcher.
Redoutez-vous de lire ou de voir une mauvaise nouvelle ?
Bien sûr, personne n’aime les mauvaises nouvelles. Mais je préfère affronter une vérité dérangeante plutôt que d’être prise au dépourvu.
Jetez-vous également un coup d’œil rapide à votre téléphone avant d’aller vous coucher ?
Pas après 22 heures.
Si vous avez 15 minutes à attendre, que consultez-vous sur votre téléphone ?
Souvent des conseils de sport ou de bien-être. J’essaie de rester active, donc j’aime trouver de nouvelles idées d’entraînement, de récupération ou de nutrition.
Consultez-vous régulièrement les réseaux sociaux ?
Pas régulièrement. LinkedIn, principalement.
Quel est le dernier contenu que vous avez "liké" ?
Un entretien dans Harvard Business Review, avec Alejandro Reynal le PDG de Four Seasons. J’ai trouvé qu’il offrait une magnifique illustration des raisons pour lesquelles un service exceptionnel repose toujours sur les personnes, sur l’humain, même dans un monde de plus en plus numérique.
Y a-t-il des réseaux sociaux que vous évitez ?
J’ai tendance à éviter les plateformes qui me semblent trop chaotiques ou toxiques. La vie est trop courte pour s’attarder sur des commentaires et des contenus négatifs.
Publiez-vous à titre personnel sur les réseaux sociaux ?
Oui, mais pas beaucoup. Principalement sur LinkedIn, peut-être pour faire le point sur une étape importante chez SIXT ou pour rendre hommage à nos équipes. Mes comptes personnels sont privés et réservés à ma famille et à mes amis ; j’y partage généralement des moments marquants ou des endroits que j’ai appréciés : restaurants, hôtels, coups de cœur culturels… Je reçois souvent des demandes, notamment de la part d’amis américains, concernant des bons plans, les incontournables en France et en Europe… en particulier de restaurants. À tel point qu’il y a plusieurs années, j’ai développé une application pour partager ma sélection de restaurants.
Quelle est la meilleure application pour vous contacter ou vous envoyer un message ?
Pour le travail, Teams est l’outil standard. Sinon, LinkedIn.
Avez-vous des moments de réelle déconnexion ?
Absolument. Ma fille est le meilleur interrupteur pour me faire déconnecter totalement. Quand je suis avec elle, je suis simplement une maman qui adore danser, jouer à des jeux de société et se plonger dans les livres.
Les e-mails sont-ils pour vous un outil, une nécessité ou une source de stress ?
Pour le meilleur ou pour le pire, l’e-mail fait partie intégrante du monde du travail depuis aussi longtemps que je me souvienne. C’est sans nul doute un outil et une nécessité. Heureusement, l’IA, là aussi, aide à le rendre plus efficace, ce qui me laisse plus de temps pour me concentrer sur les personnes et les décisions plutôt que sur ma boîte mails.
Quand ouvrez-vous un livre ?
Généralement tard le soir avant d’aller me coucher ou lorsque je voyage. Les longs trajets en train et les vols sont des moments idéaux pour lire. Je passe toujours plus de temps à lire un livre papier plutôt que sur un écran.
Quel est le dernier livre qui vous a marqué ?
Un livre que ma fille m’a lu, intitulé Lucky Joey, un livre pour enfants sur un écureuil laveur de vitres à New York. La voir découvrir le plaisir de la lecture a été un moment vraiment spécial.
Quel est LE livre que vous adorez offrir à un ami ?
Le Monde d’hier, de Stefan Zweig. Pour toute personne s’intéressant à l’histoire, à la culture ou à l’Europe, c’est un ouvrage poignant, magnifiquement écrit et de plus en plus d’actualité.
Y a-t-il un auteur qui vous inspire particulièrement ?
C’est trop difficile de choisir ! En général, je suis attirée par les historiens, les journalistes et les auteurs de mémoires. Des auteurs dont les travaux m’aident à mieux comprendre les gens, ceux qui nous dirigent et comment va le monde. Si je devais en citer que j’aime tout particulièrement, je dirais Personal History, de Katharine Graham, ce sont ses mémoires sur son époque en tant qu’éditrice du Washington Post, et Madam Secretary, de Madeleine Albright, ses mémoires en tant que première femme secrétaire d’État, des femmes inspirantes, dans leur temps, dans l’action…
Quelle série télévisée vous a récemment marquée ?
The Diplomat. Au-delà du drame politique, c’est un regard sur le leadership, la diplomatie et les complexités des relations internationales. J’ai également bien aimé Yellowstone – et en particulier les "prequels".
Quel film pouvez-vous regarder encore et encore ?
La vie est belle, de Frank Capra. Nous le regardons en famille chaque Noël depuis aussi longtemps que je me souvienne.
Avez-vous une réplique cultes ?
"Quoi que vous finissiez par faire, aimez-le", dans Cinéma Paradiso.
Si une actrice devait jouer votre rôle, qui aimeriez-vous que ce soit ?
Julianne Moore.
Si un auteur devait écrire ou raconter l’histoire de votre vie, qui choisiriez-vous ?
Ma sœur. Elle écrit avec son cœur, et ses propres expériences de vie lui ont donné une profondeur qui transparaît dans tout ce qu’elle écrit.
Écoutez-vous des podcasts ?
J’écoute régulièrement Les Grandes Traversées, sur France Culture, ce qui m’aide à enrichir mon vocabulaire. The Daily, pour une analyse approfondie d’un événement d’actualité majeur. How I Built This, de Guy Raz pour cette étincelle entrepreneuriale. Ou encore The Monocle on Sunday, des conversations réfléchies sur l’actualité mondiale, les affaires, la culture, le design et les relations internationales. Son ton est curieux, optimiste et ouvert sur le monde.
Allez-vous régulièrement au théâtre ? Au cinéma ? À l’opéra ?
Autant que possible. L’un des grands plaisirs de vivre à Paris, c’est d’avoir une offre culturelle incroyable à deux pas de chez soi. J’ai récemment eu l’occasion de me rendre au quartier culturel FAST à Romainville et j’ai adoré le Cabaret du Châtelet. Côté ballet, Empreintes à l’Opéra de Paris était spectaculaire. James Taylor, accompagné de son fils sur scène, pour la clôture du Festival de jazz de Montreux. Dans un tout autre registre, Bad Bunny, à Plénitude Arena : il dégage une énergie remarquable et crée un lien exceptionnel avec son public.
Quelle serait l’affiche de votre concert idéal ?
Bono + Carole King + Mark Knopfler.
Quel chanteur regrettez-vous de ne jamais avoir vu sur scène ?
Prince.
Y a-t-il un conseil qu’on vous a donné à vos débuts et qui vous est encore utile aujourd’hui ?
Soyez bienveillant, les gens se souviennent de ce que vous leur avez fait ressentir.