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Business / Infrastructures / 26/10/2026

Comment SFR a fait capoter la vente de TDF

Faute d’acheteur pour l’ensemble, les actionnaires de TDF découpent le groupe. La diffusion TV part chez Vauban. Quant aux pylônes, ils attendront que le sort de SFR soit scellé.

L’émetteur de La Rhune, situé près de Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques, site de diffusion majeur géré par TDF (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut comprendre. La rumeur se fait très insistante depuis le début du mois d’octobre. Brookfield, APG, PSP et Crédit Agricole Assurances négocieraient avec Vauban Infrastructure Partners, le fonds d’infrastructures de la galaxie Natixis, la cession de l’activité historique de TDF, la diffusion de la télévision et de la radio. Le périmètre concerne 900 salariés sur 1 544, cinq data centers de proximité, la couverture mobile indoor, la tour de Romainville et les équipements de la tour Eiffel. Les vendeurs espéraient encaisser un chèque d’un milliard d’euros et, dans le meilleur des cas, une signature avant Noël. Le 9 octobre, la filière audiovisuelle, qui réunit TF1, M6 et France Télévisions, a protesté contre une vente apprise par voie de presse. Les opérateurs de télévision accusent TDF de gonfler ses tarifs pour embellir la mariée. Ni TDF ni Vauban n’ont confirmé.
  • Pourquoi c’est important. La question est de savoir ce qui a poussé les actionnaires à vendre par morceaux plutôt qu’en un seul bloc. Il est vrai que cette vente a connu plusieurs rebondissements. Brookfield cherche la sortie depuis 2019. Une première tentative n’a pas abouti cette année-là. Une seconde tentative avec EQT comme acheteur a échoué en 2022. Une troisième tentative n’a pas été plus concluante en 2025 lorsque EQT et Macquarie offraient entre 7 et 8 milliards d’euros. Les actionnaires réclamaient 10 milliards. Depuis Bouygues Telecom, Free et Orange ont conclu un projet de rachat de SFR pour 20,35 milliards d’euros. L’Autorité de la concurrence, saisie le 15 juillet, a prévenu que son examen durerait au moins dix-huit mois. Or SFR est le deuxième client de TDF derrière Free. Les 9 200 pylônes du groupe, qui ont rapporté 482 millions l’an dernier, ne valent que par leurs locataires. Trois opérateurs au lieu de quatre, cela veut dire des antennes en double que l’on démonte et des loyers que l’on renégocie. Aucun acheteur sérieux ne paiera dix milliards sans savoir combien de sites survivront à la fusion. D’où le choix de céder d’abord ce qui ne dépend pas des opérateurs mobiles, la fibre à CVC DIF fin 2024, le broadcast aujourd’hui, sans doute à Vauban, et de garder les tours pour le second semestre 2027, une fois le sort de SFR connu.
  • Entre les lignes. Depuis son entrée chez TDF en 2015, Brookfield est devenu l’un des premiers investisseurs étrangers du pays, avec plus de 7 000 salariés en France. Il contrôle Data4, le spécialiste des centres de données de Marcoussis, et le producteur d’énergies renouvelables Neoen. Au sommet Choose France de juin, il a porté de 20 à 30 milliards d’euros son programme d’infrastructures pour l’intelligence artificielle, avec une forte présence dans les Hauts-de-France.
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