Casseurs d’octobre : un week-end à plus d’un milliard d’euros (iFRAP)
Aucun bilan officiel n’a été établi, mais l’iFRAP chiffre à environ 1,1 Md€ la facture des dégradations sur les seules journées du 17 et 18 octobre. Soit l’équivalent des 11 nuits d’émeutes de 2023.
- Le constat. Le 17 octobre, la journée de mobilisation "contre la vie chère" a dégénéré en pillages dans la plupart des grandes villes et dans de nombreuses villes moyennes, puis s’est prolongée le lendemain. Au moins 3 000 commerces ont été touchés selon le gouvernement, 2 000 selon les CCI. L’hôtel de ville de Limoges, monument classé, a été ravagé par les flammes. En une journée, il y a eu plus de blessés parmi les forces de l’ordre que pendant les onze nuits de 2023, et trois fois plus de commerces touchés.
- Ce que montre l’étude. Samuel-Frédéric Servière a chiffré le coût des dégradations. Il a construit trois scénarios et retenu le plus élevé, vers lequel convergent les signaux des assureurs. Les dommages matériels atteindraient 911 millions d’euros, dont 666 millions pour les commerces (4 000 établissements, 167 000 euros de dommages en moyenne) et 200 millions pour les biens publics, dont jusqu’à 100 millions pour le seul hôtel de ville de Limoges. S’y ajoutent 190 millions de pertes d’exploitation. Les assureurs supporteraient environ 800 millions. Les quelque 300 millions d’euros restants retomberaient sur les commerçants, les ménages, les collectivités et l’État, qui consacrerait près de 80 millions aux mesures annoncées.
- Pourquoi c’est important. Les dégâts se sont concentrés dans des hypercentres où les stocks ont une forte valeur, à quelques semaines des fêtes. C’est ce qui explique l’ampleur de la note. Mais le risque sécuritaire pourrait se cumuler au risque obligataire. Le 19 octobre, l’OAT à 10 ans a clôturé à 4,93 %, contre 4,80 % le vendredi précédent, provoquant un record du "spread OAT-Bund", la différence de taux d’emprunt entre la France et l’Allemagne. Une hausse durable des taux pourrait s’avérer, en quelques années, encore plus préjudiciable que les dégâts des émeutes, alerte l’iFRAP. Parmi ses recommandations, le think tank réclame un inventaire consolidé des pertes et la conservation des preuves pour fonder les recours contre les auteurs des actions de vandalisme.