Quand l'Allemagne casse le marché unique >
Il y en a assez de la langue de bois d'Ursula von der Leyen ou de nos dirigeants français sur l'union européenne. Primo : le couple franco-allemand s'est étiolé au point de disparaître totalement, privant l'Europe d'un leadership indispensable. Et un déplacement commun d'Olaf Scholz et d'Emmanuel Macron à Kiev ne suffit plus à faire illusion.
Secundo : en décidant, jeudi dernier, de mettre en place un bouclier tarifaire de 200 milliards d'euros pour ses entreprises en plus des 95 milliards destinés aux ménages, l'Allemagne n'a pas seulement renoué avec sa fâcheuse manie de faire cavalier seul lorsque les intérêts de son industrie le commandent. Elle a aussi enfoncé un sacré coup de couteau dans le marché unique européen, en créant une gigantesque distorsion de concurrence avec les entreprises françaises ou italiennes.
Tertio : y aura-t-il quelqu'un pour empêcher maintenant que s'effiloche l'Europe, déjà menacée sur sa façade est par la présence américaine aux côtés des Ukrainiens, au sud par l'arrivée au pouvoir de la coalition d'extrême droite et au nord par les aberrations économiques de Liz Truss, la nouvelle dame de fer ? Une chose est sûre : par les temps qui courent ce type de nationalisme écono-mique est de très mauvais augure.