L'autre fossé français >
La semaine passée a été marquée par la crise de nerfs de François Bayrou qui, après avoir tout fait pour revenir au gouvernement, a tout fait pour jouer en solo. Dans les critiques qu'il a formulées à l'égard de la politique menée actuellement il y en a une qui est cependant loin d'être injustifiée. C'est le fossé grandissant entre Paris et la France rurale. Pas seulement la France agricole. Mais celle des sous-préfectures. Celle où les centres-villes sont désertés. Celle où le prix du foncier a fondu. Celle qui n'offre ni distraction ni espoir à ses jeunes. Et rien ni personne dans le nouveau gouvernement Attal n'a les clés, le pouvoir et le budget pour résoudre ce problème. Mais il y a un autre fossé qui s'écarte d'année en année. Celui entre des groupes du CAC 40 qui annoncent des profits records et qui semblent survoler toutes les crises à force d'être mondialisés et nos centaines de milliers de PME qui ont été frappées par la hausse des matières premières, la revalorisation des salaires et la dégradation de la conjoncture. Pour elles il n'y aura pas de hausse des dividendes, pas de rachats d'actions en vue, pas de grain à moudre. Il n'est évidemment pas question ici d'opposer la France du CAC 40 à celle des PME. Il s'agit simplement de rappeler nos groupes les plus profitables à la modestie, à la vigilance et à la solidarité avec ces entreprises ancrées dans nos territoires, dont beaucoup sont aussi leurs sous-traitantes. La contribution de tous ces acteurs à l'économie du pays est remarquable et il serait fou qu'un fossé les sépare.