Au cœur des convoitises >
La communauté financière ne cache pas son enthousiasme sur la valeur Getlink. Les analystes de Barclays sont sensibles à un triptyque dont le premier pilier est la hausse du trafic, le deuxième, les perspectives de croissance du PIB outre-Manche, dont les ressortissants représentent près de 80 % des utilisateurs du tunnel, et enfin, la baisse de la pression concurrentielle des opérateurs de ferries, bientôt pénalisés par l'impact de la loi sur le salaire minimum des marins. Ils ont récemment revu leur recommandation sur le titre, de neutre à l'achat avec un objectif de cours à 20 euros contre 15 euros précédemment, soit une prime de près de 27 %. La vision des analystes d'Oddo, qui ont eux aussi une cible de cours de 20 euros, privilégie un scénario d'acquisition. Ils rappellent que « si Eiffage a annoncé vouloir porter sa participation actuelle de 20 % du capital à 30 %, il y a fort à parier qu'elle ne se contente pas d'une position minoritaire ». Et d'ajouter : « Si Eiffage rachetait Getlink, le nouveau groupe mettrait la main sur 2,8 milliards d'euros de crédit d'impôt. Il formerait un nouveau champion constructeur concessionnaire intégré à la recherche de nouvelles infrastructures à travers le monde pour faire grossir son portefeuille. De gros actionnaires, la famille Benetton, en 2018 via Mundys et le fonds souverain d'Abu Dhabi sont montés au capital pour participer à la fête et se laisser une option afin, éventuellement, de racheter Getlink en consortium avec Eiffage », conclut Sven Edelfelt.