Cet article a été archivé
Partager
Offrir cet article
En tant qu'abonné, vous pourrez encore offrir
0 articles ce mois-ci.
Pouvoirs / Spoutnik V / 08/02/2021

L'étonnant changement de braquet de la France

Désormais, « un vaccin, on ne regarde pas sa nationalité », selon les mots du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, invité à réagir sur France Info la semaine dernière sur l'opportunité qu'offrait le Spoutnik V, vaccin développé par la Russie, et dont les résultats sont très satisfaisants selon plusieurs études indépendantes. Pourtant, la partie était loin d'être gagnée et l'on constate, depuis quelques jours, au moment où la France est le seul pays des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU à ne pas avoir su créer et produire son vaccin, que l'exécutif a changé son discours sur le vaccin russe. Dès le mois de décembre, pourtant, une équipe de l'Inserm, sur invitation moscovite, s'était rendue dans les laboratoires pour aller constater l'efficacité du vaccin, son processus de production, la fiabilité des données scientifiques etc. À son retour, l'équipe, notamment par la voix de la cheffe de mission Marie-Paule Kieny, avait déclaré que le vaccin « méritait d'être considéré ». Mais, silence radio. Il faut dire que c'était encore le temps où Pasteur développait son vaccin, et Sanofi n'était pas encore hors course. Une source diplomatique, qui souhaite rester anonyme, explique : « Désormais, nous n'avons plus le choix de faire la fine bouche. Si le Spoutnik permet de vacciner vite et bien, alors on le fera. Nous n'avons pas énormément d'autres choix qui s'offrent à nous. » Reste que le vaccin russe doit être autorisé par l'Agence européenne du médicament (AEM) pour une arrivée en Europe et en France. Autre signe du changement de discours ? Angela Merkel qui s'est dite prête à « soutenir la Russie » dans sa demande à l'AEM.

Cette semaine, dans la rubrique Pouvoirs
Mais aussi