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Story de la semaine / Une opération à 5 milliards d'euros / 30/08/2021

Comment Engie va départager les candidats au rachat d'Equans

C'est Catherine MacGregor, la directrice générale d'Engie, qui l'a affirmé au début de l'été : toutes les options de cession d'Equans (nouvelle unité de services du groupe) sont à l'étude, y compris une éventuelle cotation. Le fait est que le groupe présidé par Jean-Pierre Clamadieu veut aller vite afin de simplifier sa structure en cédant certaines activités pour se concentrer sur d'autres, comme les énergies renouvelables, et en dégageant du cash pour réinvestir dans l'énergie décarbonée.

Pour l'heure, près d'une dizaine de candidats a demandé le dossier d'Equans à Engie et à ses banquiers (BNP Paribas avec Thierry Varène, Crédit Suisse et Citigroup) ou a échangé avec le cabinet d'avocats BDGS et s'apprêtent à remettre une offre chiffrée et argumentée au plus tard lundi 6 septembre. Selon nos informations seulement deux candidats cités initialement n'ont pas donné suite : le fonds Advent International et le fonds EQT de la riche famille suédoise Wallenberg.

Trois groupes industriels et cinq fonds de private equity

Il y a donc deux catégories de candidats au rachat d'Equans (qui a pris Rothschild & Co pour conseil), société qui réalise près de 12,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et qui affiche une faible rentabilité avec un résultat opérationnel courant proche de 400 millions d'euros. D'abord il y a trois groupes industriels et, ensuite, cinq fonds ou associations de fonds de private equity.

Les quatre critères de choix : prix, qualité du projet, engagements sociaux et solidité financière.

Parmi les « corporate » on relève les noms d'Eiffage (conseillé par HSBC et la Société Générale, par Gide pour le juridique et par Plead pour la communication), de Bouygues (conseillé par Cacib, Greenhill – où officie Pierre Mongin ancien secrétaire général d'Engie – par Darrois et Flichy pour le juridique et par Image 7 pour la communication) et, enfin, Spie (conseillé par Lazard et notamment son patron Jean-Louis Girodolle et par Bredin et White & Case pour le juridique).

Du côté des fonds, on retrouve le gotha du private equity mondial. Normal pour un actif qui pèse environ 5 milliards d'euros et qui dispose d'un « upside » important en termes de rentabilité. À commencer par Bain Capital, puis par Apollo, suivi par Carlyle (conseillé par Centerview Partners France, la banque de Matthieu Pigasse, mais aussi Goldman Sachs et Bank of America, avec Linklaters pour le juridique), puis le tandem PAI-CVC (conseillé par David Azéma de Perella Weinberg et par DGM pour la communication) et enfin un nouveau venu : le fonds Platinum plus connu pour son appétit pour le restructuring.

À l'heure qu'il est, on ne peut pas parler de favori, tant l'éventail des offres sera grand. Malgré tout, selon certains banquiers participant à l'opération, les dirigeants d'Engie pourraient être tentés de privilégier la proposition émanant d'un des trois groupes industriels. D'abord, parce qu'ils sont plus enclins à afficher des synergies et donc à pouvoir afficher un prix d'offre plus important que les fonds. Ensuite, parce que cela permet de stabiliser Equans et ses différentes activités. Alors que les fonds pourraient revendre cet actif d'ici cinq à sept ans.

Remise des offres le 6 septembre, choix définitif à la fin du mois

Curieusement, dans les discussions officieuses, il est beaucoup question de Spie alors que le groupe, très bien géré par Gauthier Louette, ne pèse que 3,1 milliards d'euros en Bourse. Mais, depuis un an, son cours de Bourse a progressé de 40 %. Ce qui favoriserait une augmentation de capital à laquelle devraient participer deux acteurs de poids : la BPI, et le fonds Clayton Dubilier & Rice, de même que la famille Peugeot, actionnaire fidèle.

Du côté d'Engie, on s'apprête à examiner les offres dès le 6 septembre. Un premier tri sera opéré avec les banques conseils par Catherine MacGregor et Sergio Val, l'homme des fusions et acquisitions. Avant d'être soumis au conseil d'administration présidé par Jean-Pierre Clamadieu. Avec quatre critères principaux : le prix proposé, la qualité du projet industriel, les engagements sociaux à l'égard des 74 000 salariés et la solidité financière de la proposition.

Au sein du groupe énergétique on souhaite surtout inscrire ce deal dans un calendrier très serré. Avec une remise des offres le 6 septembre, une short-list établie dans les dix jours suivants et un choix définitif opéré fin septembre. De manière qu'il y ait le moins possible d'interférences avec les premières manœuvres liées à l'élection présidentielle. Bien sûr le closing aura lieu plus tard. Mais en l'espace d'un an Engie aura ainsi mis en œuvre et réalisé son programme de cessions d'actifs non stratégiques.

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