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Story de la semaine / Gouvernance d'entreprise / 06/12/2021

La préparation de la succession de Benoît Potier à la tête d'Air Liquide

Un mouvement de dirigeants à la tête dAir Liquide, c'est toujours un événement, tant ce leader des gaz industriels s'illustre par le faible nombre de ses patrons et par la continuité dans le management. L'Air Liquide va fêter en novembre 2022 les 120 ans de sa création sous la raison sociale « L'Air Liquide, société pour l'étude et l'exploitation des procédés Georges Claude » qui est toujours la même aujourd'hui.

Tout a vraiment commencé le 25 mai 1902 quand, après deux ans de recherche, Georges Claude alors étudiant, a mis au point un procédé de liquéfaction de l'air afin d'en séparer les composants (oxygène, azote, argon). Le 8 novembre 1902, Paul Delorme réunit 24 souscripteurs, pour soutenir financièrement le projet. Paul Delorme est le premier pré­sident de la société, qui est alors dotée d'un capital de 100 000 francs. En 1945, Jean Delorme, fils de Paul et second président du groupe, s'attache à remettre en route, rénover et développer l'outil industriel.

Seulement 5 patrons en cent vingt ans

Ce dernier va conduire les destinées de L'Air Liquide pendant la durée record de quarante ans. Il quitte la présidence en 1985 à l'âge de 83 ans. Lui succède alors Édouard de Royère, l'époux de Martine Delorme, sa fille aînée. Aujourd'hui âgé de 88 ans, ce dernier, diplômé Sup de Co, a profondé­ment modernisé les structures de manage­ment du groupe et l'a mondialisé par crois­sance externe et par croissance organique. Il ne s'est jamais accroché à la présidence en prenant sa retraite à 62 ans et en instal­lant Alain Joly à la tête du groupe. Mieux encore, comme le nombre de places au conseil d'administration de L'Air Liquide était limité et qu'il souhaitait que le direc­teur financier de l'époque, Jean-Claude Buono, en fasse partie, il a démissionné de son poste d'administrateur, abandonnant tout lien avec l'entreprise.

En 2001, pour la première fois, une gouvernance duale est mise en place afin de permmetre à Benoît Potier de devenir président du directoire.

En 2001, pour la première fois, une gouvernance duale est mise en place afin de permettre à Benoît Potier de devenir président du direc­toire, Alain Joly se retirant sur l'Aventin du Conseil de surveillance. Et en 2006, L'Air Liquide renoue avec la forme des grands groupes pour que Benoît Potier soit un PDG de plein exercice. Ce dernier, qui vient d'avoir 64 ans, préside aux destinées du groupe depuis vingt ans et il n'en est que le cinquième dirigeant en l'espace de cent vingt ans. Son mandat d'administrateur qui lui permet d'être le PDG de L'Air Liquide arrive à échéance au printemps prochain à l'issue de l'assemblée générale.

Une succession gérée par Jean-Paul Agon

Comme dans toute société bien gérée, où existe un plan de succes­sion régulièrement mis à jour par le Comité des nominations et de la gouvernance, Jean-Paul Agon s'est emparé du sujet de la succession de Benoît Potier à un moment où L'Air Liquide est fortement partie prenante de la transition écologique, notamment en tant que principal producteur d'hydrogène.

Jean-Paul Agon, qui a connu il y a un an la même situation chez L'Oréal avec la nomination de Nicolas Hieronimus comme directeur général, et qui préside le Comité des nominations de L'Air Liquide, a donc mené le processus visant à sélectionner le meilleur candidat pour devenir patron opérationnel du groupe. Outre Jean-Paul Agon qui est aussi administrateur référent de L'Air Liquide, ce comité comprend Annette Winkler, longtemps dirigeante du groupe Daimler Benz, et administratrice de Renault, et Xavier Huillard, le patron de Vinci.

Ce comité des nominations s'est réuni à dix-huit reprises. Avec comme priorité de privilégier les talents internes à L'Air Liquide comme cela est le cas dans des groupes où la culture d'entreprise est très forte (Michelin, Total, L'Oréal, Danone). Finalement, sur recommandation du Comité des nominations et de la gouvernance, le conseil d'administra­tion du groupe a annoncé son intention de nommer François Jackow en qualité de directeur général, succédant ainsi à Benoît Potier. Par ailleurs, l'Assemblée générale sera appelée à nommer François Jackow en qualité d'administrateur.

Ce plan de succession s'accompagne d'un projet de nouvelle gouver­nance dissociant les fonctions de président du conseil d'administration et de celles de directeur général. Dans ce contexte, le conseil d'admi­nistration a annoncé son intention de renouveler le mandat de Benoît Potier comme président du conseil d'administration. Pour la seconde fois de son existence le Groupe L'Air Liquide aura un donc un mode de fonctionnement dual, qui sera transitoire, le temps de permettre au nouveau directeur général de prendre ses marques avec l'aide et les conseils de son prédécesseur.

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