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Story de la semaine / Géostratégie / 24/01/2022

Quand EY décortique les dix principaux risques mondiaux de l'année 2022

Chaque année, le EY Geostrategic Business Group, qu'anime l'allemande Famke Krumbmüller avec ses collègues situés dans les différents bureaux mondiaux de EY, publie à destination des patrons et décideurs une revue des dix principaux risques et évolutions géopolitiques pour 2022, et leurs potentiels impacts sur la performance des entreprises. Avec l'aimable autorisation d'EY nous vous présentons ces dix principaux aléas qui méritent d'être approfondis par la lecture complète du Geostrategic Outlook 2022.

1. Un monde à deux vitesses

Un fossé grandissant est apparu en 2021 entre les pays ayant accès aux vaccins Covid-19 et les autres. De fait, les différents écarts en matière de vaccination se traduiront par des résultats économiques et des climats politiques divergents. Ce monde à deux vitesses risque d'exacerber les tensions géopolitiques actuelles et d'intensifier le sentiment, pour beaucoup, que le système multilatéral n'est plus viable. Cette situation risque de diviser davantage le monde en deux blocs séparés, avec d'un côté les pays développés et de l'autre, les pays émergents. Pour Famke Krumbmüller, « l'implication directe pour les entreprises va se voir dans les perturbations des chaînes d'approvisionnement ».

2. Les puissances moyennes sur la scène mondiale

Les puissances moyennes les mieux placées pour gagner en influence en 2022 sont celles qui géreront avec succès la Covid-19. La zone Indo-Pacifique restera la principale arène de la compétition géostratégique, avec pour leaders majeurs le Japon, l'Australie et l'Inde. En Europe, le Royaume-Uni poursuivra sa quête d'une « Grande-Bretagne globale », tandis que la Russie exercera son pouvoir principalement dans ses pourtours périphériques. Et là encore, pour Famke Krumb-müller : « Les alliances mouvantes des puissances moyennes affecteront les stratégies de chaînes d'approvisionnement. »

3. L'évolution des relations entre grandes puissances

L'environnement mondial est défini, en grande partie, par la concurrence et la coopération entre les trois principaux acteurs que sont les États-Unis, l'Union européenne et la Chine. Cette dernière va essayer de trouver un terrain d'entente avec l'UE alors que les États-Unis vont multiplier les efforts pour faire de l'UE un allié dans leur compétition avec la Chine.

4. La montée des cybermenaces

La cyber piraterie restera un domaine géostratégique majeur car elle cible les données et les systèmes numériques. Les groupes privés, y compris les cybercriminels et les activistes, resteront des acteurs clés du cyberespace.

Les rançongiciels resteront la forme la plus courante des cyberattaques, même si les attaques visant les chaînes d'approvisionnement devraient probablement se multiplier.

5. Changement climatique et risque politique

Le lien entre le changement climatique et le risque politique aura trois dimensions en 2022. Primo : les événements météorologiques extrêmes affecteront les priorités politiques dans de nombreux pays, influençant notamment les investissements dans les infrastructures. Secundo : les changements de réglementations visant à accélérer la transition énergétique et à s'adapter à une économie à faible émission de carbone créeront des risques politiques. D'où l'importance d'une Taxe Carbone aux frontières de l'Europe. Tertio : le changement climatique obligera les pays en développement à trouver des solutions permettant de réduire les émissions de carbone tout en favorisant l'activité.

6. Une intervention croissante dans les chaînes d'approvisionnement

En 2021, les pénuries ont conduit les États à intervenir pour construire des chaînes d'approvisionnement résilientes. Cette intervention va s'accroître en 2022 dans les secteurs jugés stratégiques. Pour la rédactrice de ce rapport : « Les entreprises de tous les secteurs seront probablement confrontées à une augmentation du coût des intrants. Par ailleurs, les réglementations et les pressions du marché vont créer une pression intense pour réduire l'empreinte carbone des opérations. »

7. La nationalisation des ressources en « minéraux verts »

L'adoption accélérée de technologies à faible émission de carbone entraîne une augmentation substantielle de la demande de ces minéraux tels que le lithium. La nationalisation des ressources va s'accélérer dans de nombreuses économies en 2022. Les gouvernements ont en effet un pouvoir de marché car leurs réserves et l'exploitation de la plupart des minéraux nécessaires à la fabrication de batteries sont géographiquement concentrées. Ce qui fait dire à Famke Krumbmüller que « les constructeurs automobiles et les producteurs d'énergies renouvelables auront besoin de stratégies d'approvisionnement innovantes ».

8. Une intensification du nationalisme technologique

La géopolitique des technologies et des données continuera à se développer de deux manières en 2022. Premièrement, les gouvernements se concentreront sur l'autosuffisance technologique. C'est le cas du secteur des semi-conducteurs, mais aussi des batteries électriques et des réseaux 5G. Deuxièmement, le nationalisme technologique se traduira par une réglementation plus stricte dans le secteur des technologies numériques.

9. « L'effet Bruxelles » se fait de plus en plus sentir

L'importance de ce que l'on appelle « l'effet Bruxelles » va croître en 2022 car l'UE s'engage dans un programme réglementaire ambitieux, affirmant sa capacité à imposer ses normes au niveau international. Le développement durable sera l'un des principaux piliers de l'agenda de l'UE. L'autre pilier clé sera la technologie, avec un accent sur la réglementation des grandes entreprises technologiques opérant en Europe. La proposition de loi sur l'intelligence artificielle visant à établir des normes pour une IA responsable sera également débattue en 2022.

10. Inégalités sociales et montée en puissance du principe de redistribution

La crise de la Covid-19 a exacerbé les inégalités économiques et sociales et révélé la fragilité des filets de sécurité sociale. De nouvelles mesures de redistribution sont attendues dans plusieurs pays en 2022, avec des investissements dans les services sociaux et des augmentations d'impôts pour les plus fortunés et les entreprises. En Chine, à l'approche du 20 e Congrès du Parti Communiste, le gouvernement continuera à mettre en œuvre des politiques et des réglementations dans le cadre de son programme de prospérité commune. Conclusion de Famke Krumbmüller pour EY : « Les politiques sociales pourront améliorer le capital humain. Mais attention, car les inquiétudes de la société risquent de perturber les activités des entreprises. »

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