Les grandes entreprises françaises affectées par la mise en place des sanctions économiques >
À peine Vladimir Poutine a-t-il décidé de franchir les frontières de l'Ukraine que les pays européens ont pris, soit en commun, soit de manière individuelle, une série de sanctions destinées à frapper au cœur l'économie russe. Mais dans cette guerre qui affecte le continent européen, les entreprises françaises risquent de subir elles aussi d'importants dommages collatéraux car un nombre important d'entre elles exporte vers la Russie, y a des usines ou emploie du personnel dans le pays. Beaucoup pourraient subir des complications ou des pertes en raison des tensions accrues entre la Russie, l'Europe et les États-Unis. Par ailleurs, le ministère français de l'Économie et des Finances a lancé un site web informant les entreprises des risques, y compris celui des cyberattaques.
Le ministère de l'Économie et des Finances a lancé un site web informant les entreprises des risques, y compris celui des cyber-attaques.
D'abord, la posture adoptée par les ays européens signifie que les produits abriqués en France sont presque impos-ibles à exporter vers la Russie, dans la esure où les contraintes sur les paie-ents internationaux et le blocage du ystème bancaire SWIFT empêchent tous es achats de marchandises. Sans comp-er les problèmes d'acheminement. Les ntreprises russes ayant le plus d'opéra-tions locales (utilisant des fournisseurs et des clients russes) sont naturellement susceptibles de subir le moins de perturbations. Malgré les appels de Kiev, aucune entreprise française n'a encore ordonné à ses travailleurs étrangers de quitter la Russie, et n'a pas encore manifesté son soutien catégorique à l'Ukraine ; peut-être dans le but d'encourager les affaires à continuer aussi normalement que possible. Voici donc la situation actuelle de certaines des principales entreprises françaises telle que recensée par le site The Connexion French News and Views.
Le distributeur Auchan a dû fermer bon nombre de ses 42 magasins en Ukraine mais a, jusqu'à présent, maintenu ouverts tous ses points de vente en Russie. Celle-ci est le troisième marché du groupe de distribution, avec 240 magasins et un chiffre d'affaires de 3,2 milliards d'euros. Utilisant principalement des fournisseurs russes, elle dit ne pas avoir eu de problèmes d'approvisionnement « pour l'instant ».
L'usine Renault de Moscou est actuellement à l'arrêt, la chaîne d'approvisionnement des principaux composants étant perturbée, notamment pour les modèles Captur, Duster, Arkana et Nissan Terrano. L'usine de Moscou produit 95 000 voitures par an, presque entièrement destinées au marché russe. Renault est également le propriétaire majoritaire (68%), avec Rostec (32 %), de la société russe Avtovaz, qui fabrique la Lada. Avtovaz est beaucoup plus grand que Renault Russie. La société emploie 40 000 personnes dans deux usines, à Togliatti et Ijevsk, et a produit 411 000 véhicules l'an dernier. Et alors que les usines sont « approvisionnées localement », l'usine de Togliatti a déjà été fermée faute de pièces.
Rosbank (Société Générale). Avec 12 000 employés et 2 millions de clients, Rosbank, « l'unité russe » de Société Générale, est la neuvième banque du pays. Elle se concentre sur la banque de détail et les activités pour les entreprises russes. Depuis les sanctions imposées à la Russie en 2014, Rosbank est désormais autonome et financée localement. Pourtant, il est peu probable que cette banque échappe aux sanctions SWIFT.
Toutes les activités d'Airbus, hormis l'armement, ont des bases en Russie. Comme toute l'industrie aérospatiale en Europe, l'avionneur dépend de la Russie pour 50 % de ses approvisionnements directs en titane. En 2017, elle a signé des contrats avec la société russe VSMPO-AVISMA, leader mondial du titane, et ceux-ci sont toujours en activité. Le groupe doit également livrer 14 A350 à Aeroflot et a noué des partenariats industriels et d'ingénierie avec les sous-traitants russes Systema Invest et Kaskol, qui fournissent des pièces pour les programmes A320neo, A330neo et A350.
Safran et Thales. Safran réalise l'essentiel de son activité en Russie, à hauteur de 300 millions d'euros par an, dans le cadre du programme régional Superjet 100. Thales est également partenaire de ce programme en fournissant le cockpit. Il fournit aussi aux opérateurs télécoms et aux banques des cartes bancaires et SIM, mais son activité russe représente moins de 1 % de son chiffre d'affaires.
Alstom. La multinationale française de matériel ferroviaire Alstom est un actionnaire majeur du premier équipementier ferroviaire russe, Transmashholding (TMH), avec une participation de 20 % depuis 2008. Jusqu'à présent, le groupe n'a pris aucune décision de maintenir ou de sortir de TMH.
TotalEnergies. La Russie est un pays stratégique pour Total Energies, et les opérations se poursuivent à ce jour. Il faut avoir à l'esprit que 30 % de la production totale de gaz du groupe français provient de Russie et 16,7 % de sa production d'hydrocarbures est extraite du sol russe. Selon Patrick Pouyanné, le groupe n'apportera plus de capital à des opérations nouvelles en Russie.
Engie. Le groupe énergétique importe des quantités importantes de gaz de Russie, via sa filiale GRDF. En 2018, 21 % du gaz français provenait de Russie, derrière la Norvège (43 %) et devant les Pays-Bas (11%). Tant que les paiements pourront continuer, les conséquences pour Engie pourraient rester limitées. Or il se trouve que les sanctions européennes épargnent Gazprom Bank. Par ailleurs, une partie de ce gaz passe par un gazoduc qui traverse l'Ukraine et qui fonctionne de manière normale. Le principal impact pour Engie est la mise en dépôt de bilan du gazoduc NordStream 2, que le groupe a financé par prêt à hauteur de 900 millions d'euros. Ce sont les sanctions américaines, cette fois, qui ont amené le gazoduc à mettre la clé sous la porte.
Cet article a été élaboré avec l'aide du site TheConnexionFrance que nous remercions pour son aimable coopération (https: //www.connexionfrance.com/ French-news/Ukraine-war-How-French-companies-with-Russian-links-may-be-affected)