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Story de la semaine / Mega-trends / 30/05/2022

Comment l'électricité et l'hydrogène s'imposent dans le futur mix énergétique mondial

La consommation mondiale d'énergie devrait stagner au cours des prochaines décennies. Malgré la croissance rapide de l'économie mondiale et une augmentation attendue de la population à hauteur de 2 milliards d'individus, la consommation d'énergie ne devrait aug-menter que de 14 %, selon une étude prospective récemment rendue publique par McKinsey. La poursuite de la réduction de l'intensité énergétique est un facteur clé, déclenché par une plus grande efficacité de l'utilisation finale dans les bâtiments, les transports et l'industrie. Mais surtout, la part de l'électricité dans la consommation finale devrait passer d'environ 20 % aujourd'hui à 40 % en 2050. Ce doublement, combiné à l'adoption de l'hydrogène, devrait permettre de compenser la consommation de combustibles fossiles (qui est de l'ordre de 10 %).

La part de l'électricité dans la consommation finale devrait passer d'environ 20 % aujourd'hui à 40 % en 2050.

1. La forte croissance du renouvelable

Selon cette même étude, les énergies renouvelables devraient représenter 80 à 90 % de la production d'électricité dans le monde d'ici à 2050 et occuper ainsi, dans tous les scénarios, la première place dans le mix de production d'électricité. Leur part dans le mix énergétique devrait donc doubler au cours des quinze prochaines années. L'essentiel de la croissance du renouvelable devrait provenir de l'énergie solaire et de l'énergie éolienne terrestre, qui pourraient représenter respectivement 43 % et 26 % de la production en 2050 selon le scénario le plus optimiste. L'éolien en mer devrait, en revanche, rester limité à moins de 7 % de la production mondiale en raison des contraintes liées aux autorisations et des obstacles politiques.

2. La consommation de pétrole devrait décélérer d'ici deux ans.

La demande de pétrole pourrait atteindre un pic dans les deux à cinq prochaines années. L'adoption des véhicules électriques va être la principale raison de la stagnation de la demande de pétrole. Les ventes mondiales de véhicules électriques ont augmenté de 62 % par an, sur la moyenne des quatre dernières années, et de 96 % en 2021 seulement. Déjà, en Europe, les ventes de véhicules électriques ont représenté l'an passé plus de 20 % des ventes totales de voitures. Aux États-Unis, cette proportion n'est que de 5 %. Mais actuellement, les ventes doublent d'une année sur l'autre. Parallèlement, l'utilisation du pétrole pour l'électricité ou le chauffage (fioul domestique) diminue.

3. Une demande de gaz toujours soutenue

La demande de gaz devrait augmenter de 10 % au cours de la prochaine décennie dans tous les scénarios. En revanche, après 2030, les hypothèses divergent en raison de la pression croissante de la décarbonation dans les bâtiments et l'industrie.

Dans l'un des scénarios, la demande de gaz devrait augmenter jusqu'en 2035. La baisse qui suivra sera liée aux politiques gouverne-mentales. Mais les combustibles de substitution pour les bâtiments et l'industrie peuvent avoir besoin d'un soutien politique fort pour devenir viables. Dans un autre scénario, la demande de gaz devrait augmenter de 16 % par rapport à aujourd'hui avant d'atteindre un pic en 2040. Enfin, si les pays respectent les engagements des différentes COP, le déclin devrait commencer en 2030. Une chose est certaine : la baisse de la demande de gaz après 2030 sera due à l'électrification, à la forte utilisation des énergies renouvelables et à l'adoption de l'hydrogène vert dans les secteurs de l'électricité, des bâtiments et de l'industrie.

4. Quid de l'hydrogène et des autres combustibles ?

La demande d'hydrogène devrait s'accélérer après 2035 dans tous les secteurs, le transport routier et les nouvelles utilisations industrielles représentant plus de 50 % de la croissance de la demande. La demande de production de « synfuels » – principalement du kérosène, du diesel et de l'ammoniac pour les secteurs de l'aviation et du transport maritime –, devrait également s'accélérer après 2035, pour atteindre l'équivalent d'environ 17 % de la demande totale d'hydrogène. De nouvelles matières premières seront nécessaires pour répondre à la demande croissante de carburants durables. La disponibilité limitée de certaines matières premières biologiques pourrait nécessiter l'adoption d'autres options avancées.

À la fin des années 2020, l'offre mondiale de matières premières à base d'huiles usagées devrait plafonner à environ 30 millions de tonnes. Après 2035, toutefois, l'augmentation prévue de la pénétration des véhicules électriques sur le marché des transports pourrait entraîner une baisse de l'utilisation des véhicules à moteur à combustion interne et un déclin correspondant des carburants liquides, et donc des carburants durables, dans le transport routier.

Source : McKinsey Energy Insights Global Energy Perspective 2022

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