Pourquoi la dynamique dans l'informatique quantique ralentit >
Les technologies quantiques ont le potentiel de résoudre certains des défis mondiaux les plus complexes, de la limitation du réchauffement climatique à la réduction révolutionnaire des délais de découverte de médicaments. Quatre industries – pharmaceutique, chimique, automobile et financière – restent sur la bonne voie pour devenir les premiers bénéficiaires des avantages de cette nouvelle technologie quantique, avec l'objectif de capturer près de 700 milliards de dollars en valeur dès 2035. Les services financiers et les sciences de la vie seront les deux domaines les plus importants dans l'utilisation de l'informatique quantique à terme.
La demande d'experts compétents dans le domaine dépasse les talents disponibles.
Cependant, avec cette croissance rapide, la demande d'experts compétents dépasse les talents disponibles. Une étude récente de McKinsey à laquelle nous avons eu accès fait le point sur les der-niers développements de l'informatique quantique et suggère qu'il est nécessaire de mettre davantage l'accent sur le perfectionnement des étudiants avec une expérience pertinente en technologie quantique.
1 – Le financement des start-up quantiques a doublé en 2021Les dernières statistiques disponibles révèlent que le financement des start-up axées sur les technologies quantiques a plus que doublé, passant de 700 millions de dollars en 2020 à 1,4 milliard de dollars en 2021. La part des investissements dans le quantique provenant du capital-risque et d'autres entités à capital privé a augmenté au second semestre 2021 et représente désormais plus de 70 % des investissements (contre 50 % en septembre 2021), ce qui suggère une confiance croissante que cette technologie fournira un bon retour sur investissement.
À l'échelle mondiale, la plus grande part de ces investissements privés (49 %) profite à des entreprises situées aux États-Unis, suivies par celles du Royaume-Uni (17 %) et du Canada (14 %). Seuls environ 6 % des investissements privés dans le domaine, à ce jour, se font en Chine. Avec 1,9 milliard de dollars supplémentaires de financement public mondial prévus au second semestre 2021, le financement total annoncé pour les technologies quantiques depuis 2001 se situe désormais à environ 31 milliards de dollars.
2 – Un rythme de nouvelles start-up qui commence à ralentirAu cours du second semestre 2021, un nombre important de nouvelles start-up d'informatique quantique ont vu le jour, avec 15 nouvelles entreprises. L'une d'entre elles est même entrée dans l'histoire en étant la première à être introduite en Bourse. Les opérateurs technologiques historiques ont également continué à renforcer les partenariats dans ce domaine pour apporter des solutions de bout en bout sur le marché. Un leader mondial de la technologie, par exemple, s'est associé à un fournisseur de logiciels d'informatique quantique pour développer des solutions matérielles et logicielles intégrées.
Cependant, le rythme des nouvelles start-up de technologie quantique arrivant sur le marché mondial pourrait commencer à ralentir. Les raisons sont diverses. Soutenu par environ 65 % des investissements quantiques, le marché du matériel est saturé, élevant la barre d'entrée pour les nouveaux arrivants. Malgré le niveau d'investissement, le ma-tériel reste trop immature pour permettre un nombre important de cas d'utilisation, limitant les opportunités pour les nouveaux acteurs du logiciel. Les préférences des investisseurs dans les start-up plus établies peuvent freiner davantage l'activité. Enfin, la majeure partie du financement (90%) est dirigée vers les séries A, B, C et D, ce qui limite le capital disponible pour les entreprises qui démarrent.
3 – Le rôle particulier de la ChineLe financement public en Chine continue d'accélérer en faveur de la technologie quantique. Dans le cadre de son quatorzième plan quinquennal pour la technologie quantique (2021-2025), la Chine a annoncé le financement public mondial le plus important à ce jour, représentant plus du double des investissements des gouvernements de l'Union européenne (15,3 milliards de dollars contre 7,2 milliards de dollars) et huit fois plus que les investissements du gouvernement américain.
Cela a stimulé le développement d'une douzaine d'instituts de recherche chinois pour les technologies quantiques ainsi que le premier programme de doctorat du pays en technologies quantiques, créant, de fait, une culture propice à des avancées rapides. Aujourd'hui, la Chine détient plus de la moitié des brevets dans les technologies quantiques, contre environ 11 % pour l'Union européenne et 10 % pour les États-Unis.
4 – Le problème aigu de la formationÀ mesure que l'écosystème des acteurs de la technologie quantique se développe, la demande d'experts dans le domaine augmente également. Les observations faites ces dernières semaines révèlent qu'un important déficit de talents ne cesse de progresser. Lorsque l'on compare les offres d'emploi actives pour les experts en informatique quantique au nombre de diplômés prêts à occuper ces postes chaque année, la demande dépasse de trois fois le nombre de diplômés. Le manque de talents pour les emplois dans les technologies quantiques pourrait être comblé par des programmes de perfectionnement des talents dans des disciplines connexes.
Une façon de combler potentiellement cet écart consiste à développer davantage les programmes de maîtrise pour améliorer les compétences des étudiants de premier cycle. Alors qu'il existe un nombre important d'universités avec des programmes de recherche dédiés aux technologies quantiques, relativement peu d'entre elles, dans le monde, (seulement 29 des 176 universités) proposent des diplômes de maîtrise en technologies quantiques. Près de la moitié de ces programmes (41 %) est aux États-Unis. Tout cela constitue un frein important au développement et à la maîtrise de cette nouvelle technologie cruciale pour l'avenir, notamment dans les domaines de l'environnement et de la santé.