Comment le succès d'Euronext a permis à la Bourse de Paris de surpasser la City de Londres >
Il y a quelques jours la City, en fête, élisait le nouveau lord-maire de ce cœur historique de la capitale britannique. Nicholas Lyons est donc devenu le 694e lord-maire de la City après une fastueuse cérémonie. Pendant son année de mandat, Nicholas Lyons, qui a fait toute sa carrière dans la finance, aura pour mission d'être l'ambassadeur de la City à travers le monde pour développer le secteur des services financiers du Royaume-Uni. Ce petit quartier de la City compte pour lui seul à hauteur de 7 à 8 % du PIB britannique. Mais au moment même où le nouveau lord-maire prenait ses fonctions, on apprenait que la capitalisation boursière de la Bourse de Paris était passée, pour la première fois de son histoire, devant celle de Londres. Signe d'une moindre attractivité de la City à cause du Brexit, d'une bonne performance des entreprises françaises et du succès de l'écosystème créé par Euronext, opérateur de la place de Paris.
Le Brexit a pesé sur l'attractivité de la CityLa valorisation totale des sociétés cotées à la Bourse de Londres s'est réduite ces deux dernières années du fait de la dévaluation de la livre sterling qui a réduit de manière arithmétique leur capitalisation boursière. Mais aussi à cause des choix stratégiques de groupes internationaux basés au Royaume-Uni qui ont préféré une cotation sur d'autres marchés que le London Stock Exchange. Ainsi, Ryanair a renoncé, il y a un an, à sa cotation à la Bourse de Londres au profit d'Euronext Dublin. En février dernier, le SPAC GP Bullhound, dont les actionnaires sont anglo-saxons, a fait le choix de se coter sur Euronext Amsterdam pour constituer le prochain « Titan de la Tech en Europe ». Idem pour BenevolentAI, société de biotechnologie basée au Royaume-Uni et valorisée à 1,4 milliard d'euros qui s'est fait coter en avril dernier sur Euronext Amsterdam. Et ce mouvement n'est pas terminé. Puisque comme nous le révélions récemment, CVC Capital Partners, un des leaders mondiaux du capital-risque implanté au Royaume-Uni, a annoncé préparer sa cotation prochaine sur Euronext Amsterdam.
Entre janvier et septembre 2022, il y a eu 59 nouvelles cotations sur les marchés d'Euronext contre 26 à la Bourse de Londres.
Un écosystème incomparable pour concurrencer LondresLe développement d'Euronext depuis 2016, qui intègre désormais les Bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne, Dublin, Oslo et Milan, a créé une véritable alternative à la Bourse de Londres. Désormais, 25 % du volume des actions échangées chaque jour en Europe le sont sur les marchés d'Euronext. À titre de comparaison, 12,2 milliards d'euros sont échangés en moyenne par jour sur les marchés d'Euronext contre 7,1 milliards d'euros sur la Bourse de Londres. Euronext affiche une capitalisation boursière agrégée de 5 700 milliards d'euros pour toutes les sociétés cotées (dont 3 000 milliards à Paris), trois fois plus que la Bourse de Francfort et deux fois plus que la Bourse de Londres. Au cours des trois premiers trimestres de 2022, pas moins de 59 nouvelles cotations ont eu lieu sur les marchés d'Euronext (dont 23 à Paris), contre 26 à la Bourse de Londres. Ces opérations ont permis de lever 3,4 milliards d'euros, contre 0,7 milliard d'euros à la City. De fait, l'écosystème d'Euronext procure aujourd'hui des avantages incomparables. Avec le plus grand bassin de liquidité européen et avec la plus grande offre de titres de grandes sociétés internationales non européennes qui choisissent l'Europe pour leur cotation.
La performance implicite des groupes français cotés à ParisDepuis le début du Brexit en février 2020, le FTSE 100, principal indice de la place de Londres, a perdu 2 %. En Parallèle, le CAC 40 et plus largement le SBF 120 ont connu une forte croissance et ont gagné respectivement 14 % et 11 %. Les sociétés Mid Caps cotées à Paris ont, elles, connu une croissance de leur capitalisation boursière de près de 30 % sur la même période. L'excellente position d'Euronext Paris en termes de capitalisation boursière cumulée est le résultat de la qualité des entreprises cotées en Bourse et de l'attractivité du pays en termes d'investissements nationaux et internationaux. Par exemple, LVMH, STMicroelectronics, Hermès, Kering et Dassault Systèmes ont servi des rendements bruts annuels à leurs actionnaires égaux ou supérieurs à 30 % entre 2017 et 2021. Ces performances remarquables participent au rayonnement et à l'attractivité de la place de Paris. Si la performance actuelle d'Euronext Paris est largement tirée par la résilience du secteur du luxe (LVMH, L'Oréal, Hermès, Kering, Dior...), la cote parisienne dispose d'une franchise sectorielle très large. Industrie pharmaceutique et biotechnologie, énergie, aérospatiale et défense, ingénierie industrielle, matériaux et construction, équipements et services médicaux, équipements électroniques, logiciels & services informatiques et banques sont autant de secteurs représentés par des sociétés affichant plus de 100 milliards d'euros de capitalisation boursière.
De nouvelles cotations qui vivifient le tissu financier de ParisEn 2022, en dépit de conditions de marché tumultueuses et d'une forte volatilité, 13 sociétés ont effectué une nouvelle cotation avec levée de fonds (IPO ou placement privé) sur Euronext Paris, et ont levé 482 millions d'euros pour une capitalisation boursière cumulée de 3 294 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année. Sur la même période, à la Bourse de Londres, 23 sociétés se sont cotées par voie d'IPO ou de placement privé et ont levé 174 millions de livres sterling (201 millions d'euros), pour une capitalisation boursière agrégée de 714 millions de livres sterling (826 millions d'euros).