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Story de la semaine / Télécoms / 13/02/2023

Plan stratégique d'Orange

Quelle sera la feuille de route d'Orange pour les années à venir ? Un peu moins d'un an après son arrivée aux commandes du groupe de télécommunications, Christel Heydemann va dévoiler, ce jeudi, son plan stratégique visant à renforcer l'entreprise dans un contexte marqué par une forte inflation, des tensions géopolitiques et des pénuries de composants.

Ce plan pour lequel a été missionné le cabinet de conseil en stratégie Bain & Company devrait être, selon nos informations, sans grandes surprises. Face aux incertitudes actuelles et alors que la crise de la Covid-19 a déstabilisé la mise en œuvre du précédent plan stratégique, il faut davantage s'attendre, de la part de la nouvelle direction, à de la sobriété, du pragmatisme et une attention portée sur l'essentiel plutôt qu'à de grandes annonces.

La nouvelle directrice générale, qui est aussi passée par le Boston Consulting Group, souhaite recentrer Orange sur son cœur de métier – les réseaux télécoms –, la cybersécurité et les services aux entreprises. Redresser cette dernière activité (voir encadré ci-contre), rationaliser et valoriser certaines infrastructures ou encore finir de remplacer le réseau de cuivre par de la fibre optique sont autant de priorités pour Christel Heydemann, qui a déjà pu esquisser ses intentions pour le groupe dont le chiffre d'affaires avait pratiquement stagné en 2021 (+ 0,8 % à base comparable).

Christel Heydemann souhaite recentrer Orange sur les réseaux télécoms, la cyber-sécurité et les services aux entreprises.

Parmi les actions mises en œuvre par l'ancienne PDG de Schneider Electric France, depuis sa prise de fonctions en avril 2022, figurent la mise en place d'une nouvelle équipe dirigeante, la poursuite de la stratégie du groupe dans les infrastructures et la consolidation de ses activités en Europe (Belgique, Espagne...). Sans oublier la cybersécurité, avec les acquisitions de deux sociétés suisses : SCRT et Telsys.

Clore le chapitre Stéphane Richard

Ce nouveau plan est aussi l'occasion pour la nouvelle dirigeante de tourner la page des années Stéphane Richard. L'ancien PDG avait, en son temps, souhaité diversifier les activités du groupe télécoms, notamment dans les contenus et les services bancaires, face à la concurrence très forte dans la téléphonie. Il voulait aussi éviter à Orange de ne devenir qu'un simple distributeur de contenus pour les géants de la tech.

Mais les pertes se sont accumulées pour l'opérateur télécoms dans les contenus et la banque. On parle d'environ 500 millions d'euros pour le studio de coproduction de films et de séries Orange Studio et le bouquet de chaînes payantes OCS, qui a en outre perdu le droit de diffuser les programmes de HBO, dont le catalogue compte les séries à succès Game of Thrones et Succession. Les pertes d'Orange Bank avoisinent, elles, les 900 millions d'euros, depuis son lancement en 2017.

En quête de solutions, Orange a annoncé en début d'année un accord avec Canal+ pour lui céder OCS et Orange Studio. Quant à Orange Bank, toutes les options sont envisagées, de la cession d'une partie du capital à une vente pure et simple. Si le groupe Crédit Agricole et le fonds d'investissement Cerberus (qui avait annoncé en 2021 le rachat des agences bancaires de HSBC en France) sont intéressés par l'activité bancaire d'Orange, ce n'est en revanche pas le cas de BNP Paribas. Et selon nos informations, Société Générale ne souhaiterait pas avancer sur ce dossier, alors que son dirigeant actuel Frédéric Oudéa doit quitter ses fonctions au mois de mai.

Rassurer les investisseurs

Des questions demeurent toutefois. Le rachat d'OCS et d'Orange Studio par Canal+ doit encore recevoir le feu vert de l'Autorité de la concurrence. Cette dernière doit évaluer les conséquences d'une telle opération en matière de distribution mais aussi sur le marché des achats de films. Or la filiale de Vivendi est aujourd'hui le premier financeur du cinéma français. OCS et Canal+ versent autour de 230 millions d'euros par an au cinéma français, soit plus que tous les autres acteurs réunis, a récemment indiqué le patron de la chaîne cryptée Maxime Saada.

S'agissant d'une cession d'Orange Bank, certains invitent à la patience pour cette opération, qui ne ferait pas l'unanimité au sein du conseil d'administration de l'opérateur télécoms. Et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, la remontée des taux d'intérêt devrait soutenir la croissance du produit net bancaire d'Orange Bank. Ensuite, le lancement d'une banque prend du temps et celle d'Orange a tout juste cinq ans. Or il semble que les choses soient en voie d'amélioration grâce au basculement en cours vers un modèle d'offres premium payantes.

Sur l'avancée et la finalisation des dossiers Orange Bank et OCS, on se veut confiant dans les couloirs du siège du groupe à Issy-Les-Mouli-neaux, où a été lancée une revue d'actifs avec l'arrivée de Christel Heydemann, afin de rendre le groupe plus efficient. De nouvelles cessions ne sont donc pas à exclure pour créer de la valeur, notamment pour les actionnaires – parmi lesquels figurent l'État français et Bpifrance à hauteur de 23 %– qui ont besoin d'être rassurés après la chute de 28 % de l'action Orange en cinq ans.

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