Cet article a été archivé
Partager
Offrir cet article
En tant qu'abonné, vous pourrez encore offrir
0 articles ce mois-ci.
Pouvoirs / Éditorial / 24/04/2023

La bombe à retardement de la dette

Au moment où Emmanuel Macron recommence à distribuer des milliards d'euros pour se faire pardonner de la réforme des retraites, en soignant notamment les enseignants et les classes moyennes, Bruno Le Maire et Gabriel Attal essayent de présenter une « trajectoire » des finances publiques qui reçoive l'aval de Bruxelles. Ce qui les amène à distiller des éléments très sommaires et parfois « lunaires ». En attendant que le conseil des ministres examine les différents scénarios de manière approfondie. Nous avons, pour notre part, étudié cette trajectoire avec Agnès Verdier-Molinié, directrice générale de la Fondation Ifrap. Il en ressort que, dès cette année, la charge de la dette pourrait atteindre 77 milliards d'euros en intégrant les opérateurs publics, les collectivités locales et la Sécu-rité sociale. Alors que Bercy ne communique que sur le chiffre de 41,3 milliards, qui ne tient compte que des seuls frais financiers de l'État. Un montant qui, toujours selon Gabriel Attal, devrait bondir de 72 % d'ici à 2027. À ce moment-là, la charge de la dette sera de 71,2 milliards (chiffres de Bercy) et toute proche de 100 milliards en comptabilité budgétaire. Cela représentera alors le double du budget de nos armées. De l'argent jeté par la fenêtre à cause d'une dette abyssale et de l'impéritie d'une gestion où les intérêts particuliers l'emportent sur l'intérêt général. Attention au retour de bâton des marchés financiers et au jour où les investisseurs étrangers rechigneront à souscrire nos OAT. Comme le disait Oscar Wilde : « On ne meurt pas de ses dettes. On meurt de ne plus pouvoir en faire. »

Précédents éditoriaux