Les banques américaines mettent le paquet sur la place de Paris >
Après avoir annoncé, il y a une semaine, avoir recruté deux associés-gérants de Lazard, Evercore a fait savoir, il y a quelques jours, que Charles-Henri Filippi, 71 ans, ancien de HSBC et de Citigroup, allait venir étoffer son équipe naissante. Ce senior advisor conseille principalement la Société Générale et Vivendi. C'est lui qui aurait réussi à ramener Vincent Bolloré dans le giron des clients de Lazard, après des années de brouille liées au souvenir de l'incursion de l'industriel breton au capital de Rue Impériale de Lyon (fusionnée depuis avec Gaz et Eaux pour donner Eurazeo) et au refuge qu'il avait accordé à Antoine Bernheim. Outre ces trois recrutements, Evercore aurait aussi débauché chez Lazard trois banquiers juniors. Si nous restons sceptiques sur la capacité de la boutique américaine à s'implanter sur un marché français qui n'est pas extensible, ce mouvement n'est pas isolé au sein des grandes institutions américaines. Bank of America, qui a tiré un trait sur la franchise Merrill Lynch, a fait passer ses effectifs de 100 à 600 personnes à Paris et affiche de grandes ambitions en matière de corporate banking (dirigée par Stéphane Courbon), n'hésitant pas à mettre la puissance de son bilan au service de sa conquête de part de marché. Morgan Stanley, que dirige Emmanuel Goldstein, est dans le même état d'esprit. De son côté, Goldman Sachs a décidé de délocaliser de Londres à Paris le banquier d'investissement senior Dirk Lievens, qui dirige la pratique Institutions financières avec une centaine de collaborateurs. Son expertise s'exercera depuis la capitale sur toute l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. Les institutions financières françaises sont très fortes et représentent environ 20 % de la valeur boursière européenne du secteur. l