L'été de tous les dangers >
Emmanuel Macron a décidé de faire sienne cette fameuse boutade : « La vacance des grandes valeurs n'enlève rien à la valeur des grandes vacances. » Il estime que les Jeux olympiques, qui font de la France le centre du monde, justifient une trêve politique. Les Français sont en vacances. Les députés sont repartis en vacances. Et au sommet de l'État, c'est la vacance du pouvoir. Seul l'État profond – les forces de sécurité, de renseignement et de défense – assure une permanence donnant l'illusion que la France est protégée à défaut d'être gouvernée. Mais l'économie, elle, ne connaît aucune trêve, aucun congé, aucunes vacances. Et les patrons de grands groupes, comme ceux de petites et moyennes entreprises, ont déjà gelé tous leurs projets d'embauches – faute de savoir si un gouvernement de gauche fera bondir le Smic – et d'investissements – en attendant de connaître quel coup de massue fiscal les attend à la rentrée. Faut-il s'étonner, dans ces conditions, que l'indicateur du climat des affaires dégringole, que les patrons étrangers mettent en attente leurs projets d'implantation et que l'indice CAC 40 affiche un recul de plus de 10 % depuis la dissolution ? Max Weber nous a appris qu'il y a trois ingrédients nécessaires pour faire tourner l'économie : le capital, le travail et la confiance. Celle-ci a disparu à la vitesse d'un cheval au galop. Et, tant que les hypothèques qui pèsent sur l'avenir de notre vie politique, ne seront pas levées, le pays va payer cher le prix de cette incertitude et vivre l'été de tous les dangers.