La méthode du gouverneur >
Michel Barnier est un Premier ministre par défaut. Il est le quatrième choix du président de la République après Bernard Cazeneuve, Xavier Bertrand et Thierry Beaudet. Et s'il a une très longue carrière politique derrière lui – il a été quatre fois ministre (Environnement, Affaires européennes, Affaires étrangères et Agriculture) – aucune loi ne lui est associée, à l'exception d'un texte qui a introduit en France le funeste principe de précaution. C'est dire s'il aura besoin d'être épaulé par un ministre des Finances qui saura construire une trajectoire volontariste de réduction du déficit et de la dette qui sont devenus les deux boulets du pays. Il pourra aussi s'inspirer de la méthode énoncée par le gouverneur de la Banque de France, à l'occasion d'une interview accordée à nos confrères du Point. François Villeroy de Galhau qui, tel saint Jean-Baptiste, prêche depuis plusieurs années dans le désert macronien, exhorte le nouveau gouvernement à s'attaquer aux dépenses publiques davantage sur le front de l'efficacité que sur celui de l'austérité, de manière que notre modèle social coûte dix points de PIB de moins, comme c'est le cas chez nos voisins. Et, afin que l'effort soit équitablement partagé, il invite à juste titre, « à briser le tabou des recettes fiscales par la réduction de certaines niches et par un effort exceptionnel et raisonnable des plus gros contribuables ». Mais, pour impulser une politique aussi ambitieuse, il faut du temps, du courage et du poids politique. Il n'est pas sûr que Michel Barnier dispose de ces trois atouts dans son jeu.