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Pouvoirs / Éditorial / 28/04/2025

Le retour du grand délire fiscal

Mark Twain, formidable figure du rêve américain, a écrit que « les gens de gauche inventent de nouvelles idées et quand elles sont usées, les gens de droite les adoptent ». Cet aphorisme va se vérifier encore une fois. Le funeste impôt sur la fortune créé par la gauche lors de l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand et qu'Emmanuel Macron avait supprimé, tout en mettant sur pied un absurde impôt sur la fortune immobilière, s'apprête à renaître de ses cendres. Il est en cours d'élaboration dans les sombres couloirs de Bercy avec une formule de calcul ahurissante. Puisqu'il représenterait un montant de 0,5 % des patrimoines (hors outil de travail). Mais en tenant compte de l'impôt sur le revenu acquitté par les contribuables visés, de l'IFI et de ce que l'on appelle la flat tax (prélevée sur les revenus financiers). Cet impôt serait d'autant plus délirant que ses concepteurs avouent le concevoir « de manière qu'il ne rapporte rien ». Ou du moins rien de plus que cette bizarroïde contribution différentielle sur les hauts revenus inventée par le gouvernement éphémère de Michel Barnier, et reprise par Éric Lombard. Il s'agit d'un dispositif « anti-optimisation » qui permettrait à l'État de récolter 2 milliards d'euros. Ce projet est grave à plusieurs titres. D'abord parce qu'il s'attaque encore une fois aux créateurs de richesse au risque de les décourager ou de les faire fuir. Ensuite parce qu'il témoigne de ce que notre technocratie peut produire de plus stupide. Enfin parce qu'il participe de ce grand déni français qui consiste à taxer plus au lieu de dépenser moins.

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