Inverser l'effet de ciseaux
« La maison brûle et nous regardons ailleurs », avait dit Jacques Chirac en 2002 à l'occasion de l'ouverture du Sommet de la Terre. Aujourd'hui, le bateau France coule sous le poids d'une dette record et de déficits sans limite. Mais depuis une semaine, les politiques de droite, de gauche et les populistes de tout bord – y compris un grand quotidien conservateur – regardent eux aussi là où il ne faut pas en dénonçant la proposition de François Bayrou visant à supprimer deux jours fériés. Ce n'est certes pas cette mesure-là qui va redresser les comptes publics du pays. Mais en pointant cet excès de jours chômés qui transforment le printemps en gruyère, le Premier ministre a voulu montrer que seuls le travail et la production de richesses permettront à la France de retrouver des finances saines. Car « l'année blanche » et « la politique du rabot » ne sont que des rustines bien insuffisantes pour retrouver le droit chemin budgétaire. Le problème remonte vingt-cinq ans en arrière lorsque Lionel Jospin et Martine Aubry ont instauré les 35 heures, tout en accordant aux entreprises des aides publiques coûteuses et aux Français des allocations toujours plus généreuses. La France s'est mise brutalement à produire moins et à dépenser plus. Cet effet de ciseaux diabolique est une aberration que personne n'a eu le courage de remettre en cause en un quart de siècle. François Bayrou n'a peut-être pas inventé la roue mais il a le mérite de vouloir remettre l'église au milieu du village et la production avant la distribution. Une raison suffisante pour le défendre, le soutenir et l'encourager.