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Pouvoirs / Éditorial / 22/09/2025

L'entreprise est devenue un enjeu culturel

Avant même de défiler dans les rues de Paris, vendredi dernier, Sophie Binet la secrétaire générale de la CGT constatait dans le quotidien Libération que « les patrons sont en train de perdre la bataille des idées ». Le fait que 89 % des sympathisants LR soutiennent l'absurde projet de taxe Zucman semble donner raison à la syndicaliste. Que s'est-il passé pour que ce pays qui rêvait, il y a dix ans, d'autoentrepreneurs, de start-up ou de licornes soit celui où l'on voit désormais défiler des calicots avec des guillotines réservées aux plus grosses fortunes entrepreneuriales ? D'abord, il y a eu beaucoup de maladresses de la part de dirigeants d'entreprise ou de stars du private equity qui ont placé la cupidité avant l'efficacité. Ensuite, on a assisté à une grande lâcheté des figures politiques de droite qui ont cédé aux sirènes de l'égalitarisme, en oubliant que la France est un champion de la redistribution. Enfin, le patronat a été absent des grands débats du moment, sur la juste rémunération du travail, le partage de la valeur, les abus du capitalisme financier, la réindustrialisation du pays ou l'épuisement de la planète. L'AFEP s'illustre par son silence. Le Front économique du Medef laisse couler un filet d'eau tiède. La CPME ne sait plus où elle habite. Et c'est au dirigeant d'une entreprise publique, Nicolas Dufourcq, que l'on doit – heureusement !– les propos les plus courageux contre cette taxe Zucman qui pourrait ruiner la France. Il est minuit moins cinq avant que l'entreprise perde son combat culturel.

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