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Pouvoirs / Éditorial / 29/09/2025

Passions tristes et fractures françaises

Avant d'être aveuglé par son narcissisme, Emmanuel Macron avait pointé du doigt ces « passions tristes » (expression empruntée à Spinoza) qui fracturaient la France et l'empêchaient de se réformer et d'avancer. On y trouvait aussi bien l'ivresse de l'égalitarisme, la méfiance envers le profit, la peur face aux progrès de toutes sortes, l'attachement à certaines rentes archaïques et une appré­hension de la liberté parce qu'elle conduit à l'inégalité. Ces vieux démons qui ont été occultés, un court moment, par la réussite de la politique de l'offre, l'émergence des licornes, la chute du taux de chômage et l'attractivité re­trouvée de notre vieux pays sont revenus à leur place funeste comme des boomerangs que l'on croyait égarés. D'une part, avec l'envoi en prison d'un ancien président de la République, accusé sans preuve, et qualifié de « mal­faiteur » par des juges qui ne sont soumis à aucune force de rappel. D'autre part, avec le retour nauséabond d'une lutte des classes qui voit dans la taxation des plus riches le remède aux dérives d'un État en faillite, accablé sous les déficits et une montagne de dettes. Ce qui va se traduire, dans les jours à venir, par le face-à-face entre de nouveaux cortèges syndicaux et un rassemblement patronal aux accents poujadistes. Face aux dénis qui nous égarent et aux défis qui nous attendent, nous n'avons ni le temps ni le luxe de nous perdre dans ces fractures stériles et ces passions mortifères. Il n'est pas certain que ces enjeux fassent partie de la feuille de route de Sébastien Lecornu.

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