La fausse querelle >
Quelques sénateurs en mal de notoriété se sont rendus à Bercy il y a quelques jours. Usant de leurs prérogatives ils ont obtenu la confirmation de chiffres évoqués à plusieurs reprises par Éric Lombard, ancien ministre de l’économie, qui avait déclaré en début d’année que "parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ne paient aucun impôt sur le revenu".
Selon les chiffres relevés par les deux ténors de la commission des finances du Sénat – l’un socialiste et l’autre LR – en 2024 on a pu compter que 18 525 foyers fiscaux, dont le patrimoine immobilier dépasse le seuil de l’IFI établi à 1,3 million d’euros, n’ont pas payé l’impôt sur le revenu. Ce phénomène marginal existe depuis la création de l’ISF par François Mitterrand et s’est accru avec la hausse des prix de l’immobilier parisien.
Nous connaissons tous des retraités qui vivent en province avec une petite pension, et détiennent par la loi de l’héritage ou celle de l’épargne bien gérée un appartement dans l’Ouest parisien dont la valeur dépasse 1,3 million d’euros. Sont-ils pour autant nantis ? Non. Sont-ils les cibles vivantes d’un privilège exorbitant ? Deux fois non. Sont-ils le symptôme d’une vaste injustice fiscale qui permettrait aux créateurs de richesses, aux innovateurs, aux exportateurs, ou à ceux qui créent des emplois d’échapper à toute fiscalité ? Trois fois non.
Molière avait subi avec sa fameuse École des Femmes une célèbre querelle dont il a fini par tirer profit. Ceux qui essaient de créer cette "fausse querelle" sur le fait que la France serait un paradis fiscal pour un grand nombre de millionnaires ne connaîtront pas la même notoriété. Et leur dénonciation finira par faire "Pschitt".