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Business / Électricité / 25/05/2026

La création de TTEP par TotalEnergies et Kretinsky ne fait que des heureux…

Annoncée en novembre dernier, l’acquisition par TotalÉnergies de 50 % de la plateforme de production d’électricité flexible d’EPH en Europe de l’Ouest a été bouclée avec deux mois d’avance.

Patrick Pouyanné et Daniel Kretinsky (photomontage La Lettre de l'Expansion - photos Alain Jocard / Joël Saget / AFP).
  • Ce qu’il faut savoir. Une nouvelle filiale entre cette année dans le périmètre de TotalEnergies. Il s’agit de la société néerlandaise TTEP dont l’énergéticien français détient 50 % du capital, tout comme le groupe EPH de Daniel Kretinsky. Annoncée le 16 novembre dernier la création de cette plateforme de production d’électricité flexible a été finalisée le 29 avril dernier, avec deux mois d’avance sur le programme initial, grâce à la diligence des autorités européennes de la concurrence. La naissance de numéro deux européen de production d’électricité flexible, avec une capacité totale de 14 gigawatts (installés ou en cours de construction) a comme contrepartie l’attribution de 95,4 millions d’actions TotalÉnergies au groupe EPH de Daniel Kretinsky, soit 4,2 % du capital. Ce qui fait du magnat tchèque l’un des principaux actionnaires du groupe dirigé par Patrick Pouyanné.
  • Pourquoi c’est important. L’apport annuel de cash-flow résultant de la création de TTEP devrait représenter environ 750 millions d’euros par an. Le dividende versé aux 95,4 millions d’actions détenues désormais par EPH équivaut à 400 millions d’euros. La balance de cette opération était sur le papier, au moment de sa conception, positive en cash à hauteur de 350 millions d’euros pour TotalEnergies. Les deux mois gagnés dans l’avancement du closing représentent un gain supplémentaire de 125 millions d’euros… Comme quoi le temps c’est de l’argent.
  • Et c’est bénéfique pour Kretinsky. Du côté du président du groupe tchèque EPH, Daniel Kretinsky, l’accord conclu en novembre dernier prévoyait l’attribution à son groupe de 95,4 millions d’actions valorisées 53,94 euros par unité. Le bombardement de l’Iran par les États-Unis et Israël a fait s’envoler le prix du baril et le cours des actions total. Si bien que le 29 avril dernier, jour du "closing", les actions de l’énergéticien français s’échangeaient à 80,43 euros. Conséquence : au lieu de voir son apport valorisé 5,1 milliards d’euros, il représentait en fait un actif de 7,67 milliards. Avec une plus-value potentielle de 2,6 milliards d’euros. Mais "potentielle" seulement car pendant un an, EPH n’a pas le droit de céder une seule action TotalÉnergies.
  • Entre les lignes. Le milliardaire tchèque est tenu à une autre obligation vis-à-vis de son partenaire, TotalEnergies : son groupe EPH est engagé dans cette joint-venture dénommée TTEP pendant au moins cinq ans. Et si l’on décortique les conventions fiscales entre la France et la République tchèque, on s’aperçoit que son groupe aurait intérêt à acheter des actions du groupe dirigé par Patrick Pouyanné afin d’en détenir 5 % du capital. Car le fameux "régime mère-fille", peut lui permettre d’avoir un taux d’imposition de 1,25 % seulement (5 % x 25 %), à condition de garder ses titres pendant deux ans.
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