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Le Lab / Indicateur / 29/06/2026

Développement : le PIB ne suffit plus à classer les nations (SKEMA Publika)

SKEMA Business School propose un "indice de développement économique", faisceau cohérent d’indicateurs complémentaires, pour dépasser l’opposition obsolète entre "développés" et "en développement".

Le PIB n'est plus un indicateur pertinent pour décrire l'avancée économique d'un pays, notamment pour la Chine - ici une usine robotisée à Hangzhou, le 17 juin 2026 (Photo Shi Kuanbing/Xinhua/AFP).
  • Le constat. Le PIB, la croissance ou même l’IDH décrivent des morceaux de réalité, mais pas la capacité d’un modèle à durer. Dans un monde de chocs climatiques, technologiques, géopolitiques et démographiques, une "économie développée" n’est plus seulement une économie "riche" : c’est une économie qui produit, finance, stabilise, innove, absorbe les crises et transforme la croissance en bien-être.
  • Ce que montre l’étude. SKEMA Publika bâtit un indice à dix critères, pondérés, qui mesure le niveau de vie, la stabilité macroéconomique, la capacité productive, la solidité financière externe et la sophistication économique. À ce jeu, les États-Unis arrivent en tête avec 8,32/10, devant la France (7,52) et la Chine (7,10). Mais le classement, qui réconfortera nos déclinistes nationaux, vaut moins que la typologie. L’Amérique est décrite comme une économie "frontière" : innovation, dollar, marchés financiers, capital-risque, mais aussi dette, déficits et inégalités. La France incarne une économie "mature" : robuste, inclusive, bien financée par l’euro, mais freinée par une productivité modérée, une dette élevée et une base industrielle plus étroite. La Chine, appartient à une catégorie à part : "économie avancée hybride et systémique", presque frontière dans certains secteurs, mais encore incomplète sur le niveau de vie, la finance, la démographie et la consommation intérieure.
  • Pourquoi c’est important. L’étude remet de l’ordre dans un débat souvent piégé par le droit international et sa définition restrictive et datée de l’économie "en développement", en particulier en ce qui concerne la Chine. Elle dit surtout que l’avenir ne sera pas à un modèle unique : sous la pression du climat, de l’IA, des chaînes de valeur fragmentées et du retour de l’État stratège, le développement ne consiste plus en un escalier vers un état final, mais en un exercice permanent d’arbitrage. "Les modèles les plus performants, conclut l’étude, sont donc ceux qui parviendront à maintenir un équilibre dynamique entre productivité, stabilité financière et cohésion sociale".
Cette semaine, dans la rubrique Le Lab