Pakistan Inde : les angles morts de la dissuasion nucléaire (Ifri)
Après l’attentat de Pahalgam, l’Ifri relit la crise indo-pakistanaise de 2025 et invite à relativiser la dissuasion nucléaire en tant que l’alpha et l’oméga des relations internationales.
- Le constat. Le climat de tension perdure entre le Pakistan et l’Inde, depuis l’attaque de Pahalgam, un attentat islamiste survenu en avril 2025, qui avait coûté la vie à 26 personnes, pour l’essentiel hindous, dans la région du Cachemire. Pour Rabia Akhtar, professeur de relations internationales, ces tensions montrent la limite de la dissuasion nucléaire pakistanaise. Bien qu’elle empêche la guerre générale, elle n’empêche pas les frappes limitées, les drones, les missiles, l’artillerie ou les offensives informationnelles. L’Inde cherche à installer un "nouveau normal" : frapper au nom du contre-terrorisme tout en dénonçant le "chantage nucléaire" pakistanais. Islamabad, de son côté, doit répondre sans faire monter chaque crise jusqu’au registre atomique.
- Ce que montre l’étude. Le vrai enjeu n’est donc pas d’accumuler plus de têtes nucléaires, mais de rendre la dissuasion plus survivable et plus crédible : mobilité, redondance, seconde frappe, défense conventionnelle, cyberrésilience, lutte contre les infox. L’étude souligne aussi le rôle du récit public, capable de raccourcir les délais de décision et de fermer les issues de crise. Elle écarte enfin l’idée d’un parapluie nucléaire pakistanais pour Riyad : le pacte avec l’Arabie saoudite relève de la solidarité stratégique, pas de l’exportation d’une garantie nucléaire.