Cybersécurité : AXA passe à l’offensive avant son nouveau plan stratégique
AXA XL rachète les 51 % qu’il ne détenait pas encore dans le cabinet cyber S-RM. Une opération qui préfigure le virage vers la prévention attendu dans le plan qui sera dévoilé le 15 septembre.
- Ce qu’il faut savoir de cette opération. À quelques jours de son grand rendez-vous avec les marchés, Axa a vu sa filiale Axa XL, dédiée aux grands risques d’entreprise, a annoncé le rachat des parts qu’elle ne détenait pas encore dans S-RM, cabinet londonien de renseignement d’entreprise et de cybersécurité dont elle possédait environ 49 %. Le montant de la transaction, attendue d’ici fin septembre, n’a pas été dévoilé. Fondé en 2005, présent dans 140 pays S-RM couvre toute la chaîne du risque : évaluation des cybermenaces, détection et réponse aux incidents, enquêtes spécialisées, renseignement géopolitique, audits d’intégrité. Partenaire d’Axa XL depuis plus de quinze ans, le cabinet sera intégré à Axa XL Risk Advisory, la cinquième unité opérationnelle créée en mai et pilotée depuis juin par Libby Benet. Une étape importante dans les efforts menés par le groupe que dirige Thomas Buberl pour aller au-delà de la couverture d’assurance traditionnelle.
- Pourquoi cette transaction est importante. Le calcul est limpide. Le coût moyen mondial d’une violation de données a atteint 4,44 millions de dollars en 2025 et 10,22 millions aux États-Unis, en hausse de 9 % sur un an, selon IBM Security. Les ransomwares figurent dans 44 % des violations confirmées et frappent 88 % de celles visant les PME. Un rapport Axa XL-Thales publié en avril décrit des cyber-incidents devenus systémiques. Face à cette inflation, les clients réclament des analyses de données et des conseils d’experts pour anticiper les menaces, et l’assureur préfère désormais posséder ses capacités d’enquête plutôt que de les louer. Le pari a déjà donné lieu à un précédent malheureux : Marsh & McLennan avait payé Kroll 1,9 milliard de dollars en 2004, avant de le revendre 1,13 milliard six ans plus tard. Et S-RM sert aussi les concurrents d’Axa XL : les courtiers surveilleront de près son indépendance. Mais la consolidation s’accélère. Bruxelles vient d’approuver le rachat de Beazley par Zurich pour 8,1 milliards de livres.
- Côté agenda. Cette opération éclaire surtout le plan stratégique que Thomas Buberl dévoilera le 15 septembre et dont les contours se dessinent déjà : croissance organique, intelligence artificielle déployée massivement dans la souscription et les sinistres, réplication en santé-prévoyance des recettes gagnantes du dommages. Et, désormais, la prévention érigée en relais de croissance : 86 % des experts interrogés pour le rapport "Future Risks" d’AXA jugent les grands risques au moins partiellement évitables en amont. En transformant l’assureur en conseil, le groupe cherche aussi à renforcer des revenus de services récurrents, moins volatils que la prime.