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Business / Télécoms / 14/09/2026

5 milliards à Londres, 49 500 euros à Besançon : les "emplettes" estivales de Xavier Niel

Repris en juillet au sortir d’un redressement judiciaire, l’opérateur bisontin Netalis accueille Xavier Niel et Sipartech à son capital. Un ticket modeste, mais révélateur, avant le dépeçage de SFR.

Xavier Niel (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut retenir. Xavier Niel a beau s’offrir la place de premier actionnaire Vodafone, il ne dédaigne pas les petites affaires. Placé en redressement judiciaire le 24 avril à l’initiative de son actionnaire principal, Nasca Group, à la suite d’un litige avec un fournisseur, l’opérateur télécoms pour professionnels Netalis a été cédé le 1er juillet à NetR SAS, société créée à Besançon pour l’occasion, après un jugement du tribunal de commerce rendu le 24 juin. Le repreneur récupère la marque, les actifs, la quinzaine de salariés et les quelque 400 clients – entreprises et collectivités de Bourgogne-Franche-Comté et de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
    La fragilité de Netalis n’était pas nouvelle. Fondée en 2015, la PME avait investi plusieurs millions pour déployer 800 km de fibre, avant de céder ce réseau à Prizz Telecom en janvier 2025, pour une dizaine de millions d’euros, dans un schéma de sale and leaseback. Recentrée sur les services, elle cherchait un refinancement. C’est finalement la procédure collective qui lui a apporté de nouveaux actionnaires.
  • Pourquoi ça retient l’attention. C’est la liste des souscripteurs de NetR qui fait tout l’intérêt du dossier. Aux côtés de Sipartech, opérateur de fibre, figure NJJ Capital, la holding personnelle de Xavier Niel, pour 49 500 euros et un peu plus de 30 % du capital. Une somme dérisoire pour celui qui contrôle quelque 139 millions d’abonnés à travers Iliad, Eir, Millicom ou Tele2 – et une première : jamais le fondateur de Free n’avait investi à titre personnel dans un opérateur local B2B. Les liens avec Sipartech, dont NJJ avait financé le lancement en 2010 avant de se retirer en 2016, expliquent en partie sa présence. Le calendrier fait le reste. Le protocole signé le 6 juin dernier par Bouygues Telecom, Orange et Iliad organise le dépeçage de SFR et attribue l’activité entreprises à Bouygues. Or des dizaines d’opérateurs régionaux vivent de la revente des offres de l’opérateur au carré rouge. En prenant pied, pour un ticket symbolique, dans un écosystème d’opérateurs régionaux souverains, Xavier Niel s’ouvre une fenêtre sur le marché B2B de proximité, dont Free est encore largement absent et que la disparition de SFR va rebattre.
  • Entre les lignes. Cette emplette bisontine clôt un été frénétique. Le 10 juillet, via son véhicule Vega, Xavier Niel a racheté 16,2 % de Vodafone pour 5,1 milliards d’euros. En Suède, il a poursuivi sa montée au capital de Tele2, convertissant des actions A en actions B pour atteindre 23,5 % du capital mi-août (contre 22,1 % fin juin), sans franchir le seuil de l’offre obligatoire.
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