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Business / Automatismes / 14/09/2026

Wandercraft, la pépite française qui fait trembler les géants de la robotique

Wandercraft, le spécialiste tricolore des robots humanoïdes est en passe de lever 100 millions d’euros, une étape clé pour Renault, son actionnaire, et pour la souveraineté industrielle.

Le robot Calvin, de Wandercraft (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut retenir. La start-up française Wandercraft, spécialiste des exosquelettes et des robots humanoïdes, négocierait actuellement une levée de fonds d’environ 100 millions d’euros. Goldman Sachs qui l’aide sur cette opération, valoriserait l’entreprise autour de 750 millions d’euros avant l’apport des nouveaux capitaux - un bond spectaculaire par rapport à sa série D de 75 millions de dollars bouclée en juin 2025. Aucun montant ni calendrier définitif n’ont été arrêtés. Fondée à Paris en 2012, l’entreprise s’est d’abord fait connaître avec Atalante, exosquelette de rééducation aujourd’hui déployé dans plus de cent hôpitaux dans le monde. Son exosquelette personnel Eve vient d’obtenir l’autorisation de la FDA aux États-Unis, ouvrant un marché potentiel de deux millions de personnes handicapées. Mais c’est la bascule vers l’humanoïde industriel, avec la gamme Calvin, qui explique l’appétit des investisseurs : le secteur mondial des robots humanoïdes a capté 8,6 milliards de dollars de financements au premier semestre 2026.
  • Pourquoi c’est important pour la France. Renault a pris une participation minoritaire au capital de Wandercraft en juin 2025 et en est aujourd’hui le client industriel de référence. Le constructeur prévoit de déployer 350 robots Calvin dans ses usines françaises et espagnoles d’ici fin 2027, avec un objectif affiché : réduire de 30 % le temps d’assemblage par véhicule. Le Calvin-40, capable de soulever jusqu’à 40 kilogrammes en continu, opère déjà sur la ligne de production de l’usine de Douai. Pour Renault, confronté à la pression concurrentielle des constructeurs chinois et à la nécessité de comprimer ses coûts industriels, disposer d’un fournisseur de robots codéveloppé plutôt qu’acheté sur étagère constitue un avantage stratégique rare. Une réussite de Wandercraft validerait à la fois le pari capitalistique du groupe et sa feuille de route de réindustrialisation.
  • Entre les lignes. Au-delà du cas Wandercraft, ses fondateurs eux-mêmes plaident pour une filière robotique française autonome. Jean-Louis Constanza, le fondateur de la société et Élodie Chapel estiment que la France pourrait compter 50 millions de robots d’ici 2050, pour un coût d’importation qui atteindrait 250 milliards d’euros par an, si le pays reste dépendant de fournisseurs étrangers. Leur argument : celui qui contrôle la maintenance et les mises à jour des robots dispose d’un levier de pression comparable à celui exercé sur l’énergie ou les semi-conducteurs. Face à des concurrents mieux capitalisés - Figure AI, Apptronik, Agility Robotics - Wandercraft mise sur une décennie d’expertise en exosquelettes et sur son partenariat industriel avec Renault pour exister.
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