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Coffee Talk / Yann Jéhanno / 16/10/2026

Yann Jéhanno :
"Quand on vend un bien immobilier, on ne transmet pas seulement des murs et des mètres carrés, on transmet aussi une part d’histoire et des souvenirs"

Yann Jéhanno est le président de Laforêt France, réseau de 720 agences immobilières en franchise, qui fait partie depuis 2017 du Groupe Arche (Century 21, Guy Hoquet, Citya...). Un réseau qui fête ses 35 ans cette année et continue de se développer. Il a répondu à notre "Coffee talk".  

Yann Jéhanno, président de Laforêt France (photo D.R.).

Comment vous réveillez-vous le matin ? Avec les infos à la radio, de la musique ou le bip-bip du réveil ?
J’aimerais bien me réveiller naturellement et avec la lumière du jour, mais c’est plutôt le bip-bip du réveil qui me met debout. J’essaie de préserver des nuits de huit heures, même si, comme beaucoup, les périodes de pression peuvent parfois réveiller les idées au milieu de la nuit. Pour mieux dormir, j’ai pris une habitude simple : je garde un bloc-notes sur ma table de chevet et, assez régulièrement, avant de me coucher, je note les choses que je dois absolument faire le lendemain ou les réflexions qui me viennent. Cela m’aide à mettre le cerveau sur pause.

Quel est votre premier contact avec l’actualité, le matin ?
Généralement, je jette un œil à Google Actualité sur le téléphone. Ensuite, je profite des premiers moments de la journée pour écouter la radio, principalement France Info et RMC. Je consulte aussi la newsletter matinale des Échos pour avoir une synthèse de l’actualité économique et suivre les sujets liés à l’immobilier.

Actuellement, quelle est l’info qui pourrait vous mettre de bonne humeur ?
Le bruit médiatique est plutôt négatif en ce moment : on entend beaucoup de colère et de crispations. Une bonne nouvelle, ce serait de voir davantage de projets se concrétiser, davantage d’initiatives locales réussir et davantage de confiance dans l’avenir. Le week-end, je suis souvent en Bretagne et j’aime lire la presse régionale parce qu’elle met en lumière ce qui se construit et avance dans les territoires : une biscuiterie ou une nouvelle usine qui viennent d’ouvrir, des jeunes qui ont lancé une initiative pour aider des seniors à se déplacer, une association qui accompagne les jeunes dans l’obtention de leur permis…

Si vous avez 15 minutes à perdre ou à attendre, que consultez-vous sur votre téléphone ?
En général, j’appelle mes enfants. Deux d’entre eux sont aujourd’hui à l’étranger, tandis que le dernier étudie en Île-de-France. Il n’est pas très loin de la maison, mais entre ses études et ses activités, il a lui aussi un emploi du temps bien rempli. Donc je prends de leurs nouvelles : soit je les appelle, soit par WhatsApp.

Et sur le plan professionnel, WhatsApp, c’est aussi la meilleure appli pour vous joindre ?
Oui, c’est là que je suis le plus réactif. D’autant que je me déplace beaucoup. C’est vraiment ce qu’il y a de plus pratique. Sinon, entre les mails, les SMS, Teams et autres, l’information finit vite par se disperser et l’on risque de passer à côté de certains messages. En revanche, c’est vrai que j’utilise de moins en moins le téléphone… pour téléphoner.

Avez-vous un émoji favori pour répondre à un message ?
Le pouce en l’air, c’est le grand classique pour répondre rapidement et pour accuser réception. Mais la fusée et le bras qui montre les muscles ont aussi leur place pour célébrer une réussite.

Les mails sont pour vous un outil, une nécessité, un stress ?
Je dirais que c’est plutôt une contrainte, parce que, évidemment, on reçoit beaucoup de sollicitations et il devient parfois difficile de distinguer l’essentiel. Je reçois, je pense, une centaine de mails par jour, dont six ou sept appellent une réponse rapide. Quand un sujet est important, on m’appelle ou on m’envoie un WhatsApp. Depuis plusieurs années, j’ai renoncé à l’ordinateur portable au profit d’un ordinateur de bureau : cela me permet d’être pleinement présent en réunion, à l’écoute et concentré sur la décision. Finalement, je cherche surtout à être moins sollicité pour être plus disponible sur ce qui compte vraiment.

Quel usage faites-vous de l’IA au quotidien ?
Je n’utilise presque plus les moteurs de recherche classiques, je passe beaucoup par l’IA pour l’actualité ou mes recherches. En revanche, mes mémos, mes interventions ou mes lettres au réseau, je les écris moi-même. Dans le réseau Laforêt, nous utilisons surtout l’IA pour les tâches chronophages. Par exemple, lors des pics de demandes locatives liés à Parcoursup, des assistants IA permettent de prendre les appels entrants, de proposer des biens et de partager des fiches descriptives. Nous avons aussi des outils capables, à partir d’une photo ou d’une vidéo, de proposer une nouvelle décoration ou de réaliser un état des lieux. L’IA est très utile pour gagner du temps. Mais dans notre métier, la confiance et la relation humaine restent irremplaçables.

Consultez-vous régulièrement les réseaux sociaux ?
Mon réseau social de prédilection, c’est LinkedIn. J’y suis assez présent et j’apprécie particulièrement les échanges que cela permet avec les professionnels de l’immobilier, qu’ils soient chez Laforêt ou ailleurs. C’est aussi un bon moyen de prendre le pouls du secteur et de confronter les points de vue, y compris ceux qui ne sont pas les miens. Je suis également sur Instagram, où je relaie davantage la vie du réseau. Nous venons par exemple d’organiser notre convention et j’ai beaucoup partagé les publications et vidéos de nos franchisés.

Est-ce que vous vous souvenez du dernier contenu que vous avez liké ?
Ceux liés à notre convention, justement. J’ai commenté et liké beaucoup de publications de franchisés et de collaborateurs. Je profite de ces occasions pour adresser un mot d’encouragement, remercier, féliciter ou simplement entretenir le lien. Un réseau, ce sont avant tout des femmes et des hommes, et je trouve important de prendre le temps de reconnaître leur engagement.

Finalement, LinkedIn, c’est pour vous un outil de com' interne autant qu’externe aujourd’hui ?
Disons que c’est à la fois une vitrine et un lieu d’échange. Cela permet de mettre en avant la dynamique de notre réseau, mais aussi nos points de vue sur le marché immobilier, la politique du logement et l’entrepreneuriat.

Vous en diriez quoi, aujourd’hui, du marché immobilier ?
Je dirais que ça va mieux et que les signaux sont positifs, mais cela ne doit pas masquer la crise du logement dans laquelle s’est enfoncée la France. Les trois voies d’accès au logement que sont l’accession à la propriété, le parc locatif privé et le parc locatif social sont aujourd’hui entravées. Les prix se régulent et l’activité se tient, mais nous avons besoin d’une véritable politique du logement sur 10 ou 15 ans. Car le logement est au cœur de beaucoup d’autres enjeux : l’emploi, l’éducation, l’accès aux services publics et, plus largement, l’aménagement du territoire. Pour rendre l’immobilier plus accessible, il faudrait davantage de bassins d’emploi, une meilleure répartition des services publics et des infrastructures permettant de mieux relier les territoires.

Avez-vous de vrais moments de déconnexion ?
Oui, je m’astreins à ne pas travailler le week-end, sauf urgence. Et pendant les vacances, mes équipes savent qu’il faut un motif sérieux pour me faire décrocher mon téléphone. C’est ma façon de préserver de vrais moments de déconnexion.

À quel moment ouvrez-vous un livre ?
J’habite en Île-de-France, à l’écart de l’effervescence parisienne, et je viens au bureau en train. J’en profite donc régulièrement pour lire, tout comme lorsque je voyage. Et pendant les vacances, où je consomme pas mal de livres et de magazines. J’aime beaucoup les polars, notamment ceux de Bernard Minier, ainsi que les romans d’espionnage américains. On tourne facilement une page de plus que prévu.

Offrez-vous régulièrement des livres à vos proches ? Lesquels ?
La bande dessinée occupe une place importante dans ma bibliothèque, j’en ai une belle collection et plusieurs amis partagent cette passion. Je suis toujours à l’affût des nouveautés et je me laisse souvent attirer par un coup de crayon, un univers ou une ambiance. Je choisis au coup de cœur. Mais c’est vrai que j’aime bien offrir une bande dessinée… ou qu’on m’en offre une !

Plus jeune, quelle lecture vous a marqué ?
Le Comte de Monte-Cristo. Au-delà de l’aventure, j’ai été marqué par la résilience d’Edmond Dantès, sa capacité à se reconstruire et tout l’imaginaire qu’il y a autour de ce grand roman de Dumas. Avec le recul, je crois que c’est surtout cette capacité à ne jamais renoncer qui me parle encore aujourd’hui.

Est-ce qu’il y a une série que vous avez aimée récemment ?
Le Bureau des légendes. Son réalisme m’a beaucoup plu. C’est aussi agréable de voir une production française rivaliser avec les meilleures séries internationales. J’ai également apprécié House of Guinness, pour le mélange entre saga familiale, entrepreneuriat et histoire.

Regardez-vous des émissions sur l’immobilier sur les plateformes ou à la télé ?
Non, jamais. Je préfère regarder les émissions politiques parce que j’aime les débats d’idées. Mais l’immobilier, non, parce que j’y baigne toute la journée : nous avons 720 agences en France et 4 800 professionnels avec qui j’échange régulièrement. Leur quotidien est ma principale source d’information. Et la réalité du terrain est souvent plus complexe que ce que peut montrer une émission.

Avez-vous un film culte et une réplique culte ?
Dans les classiques, Les Tontons flingueurs ou L’Aventure c’est l’aventure. Ou, dans un autre registre, Le Cinquième Élément de Luc Besson. Et pour la réplique, je citerais volontiers celle des Tontons flingueurs : "Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît." C’est avant tout un grand moment de cinéma et une formule qui a traversé les générations.

Si un acteur devait jouer votre rôle, qui choisiriez-vous ?
Jean-Paul Belmondo. Il a bercé ma jeunesse et reste pour moi une figure incontournable du cinéma français. J’ai toujours aimé son énergie, sa liberté de ton et sa capacité à ne jamais se prendre tout à fait au sérieux.

Écoutez-vous des podcasts ?
Régulièrement. Nous produisons des séries de podcasts autour du savoir-faire immobilier, et j’interviens également dans des podcasts consacrés à l’entrepreneuriat. C’est un format qui laisse davantage de place à la nuance.

Quel artiste regrettez-vous de n’avoir jamais vu sur scène ?
Prince. J’ai toujours été fasciné par sa capacité à se réinventer. Aucun de ses albums ne ressemblait vraiment au précédent.

Et quelle serait l’affiche de votre festival rêvé ?
Prince, Bob Marley, Jamiroquai et Tina Turner réunis ! Ce ne serait probablement pas l’affiche la plus cohérente de l’histoire, mais je serais au premier rang.

Est-ce qu’il y a un air que vous pourriez chantonner en arrivant au bureau le matin ?
Oui, bien sûr : Life Is Life du groupe Opus. C’est la signature musicale de Laforêt, et elle est redoutablement efficace. Il suffit d’entendre quelques notes pour l’avoir en tête le reste de la journée !

Est-ce qu’il y a un conseil qu’on vous a donné quand vous avez débuté qui vous est toujours utile aujourd’hui, auquel vous repensez régulièrement ?
J’ai commencé dans l’immobilier. Un soir, alors que j’étais encore au bureau après la fermeture, le directeur de l’agence m’a montré les horaires affichés à l’entrée et m’a dit : "L’agence ferme à 19 heures. Il faut savoir terminer sa journée." Cette phrase m’est restée. Avec le recul, elle résume assez bien l’importance de hiérarchiser ses priorités et de préserver du temps pour soi et ses proches.

Si demain vous deviez déménager et qu’il fallait laisser un livre, un disque, un tableau aux futurs occupants de votre maison, vous laisseriez quoi ?
On imprime encore beaucoup d’albums photo dans la famille, pour les fêtes, les vacances ou les grands événements. Je laisserais volontiers un album avec quelques souvenirs des bons moments vécus dans cette maison. C’est assez personnel, mais quand on vend un bien, il y a toujours une part de transmission. On ne transmet pas seulement des murs et des mètres carrés, on transmet aussi une part d’histoire et des souvenirs. Ce serait une jolie façon de l’illustrer.

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