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Coffee Talk / Vincent Klingbeil / 23/10/2026

Vincent Klingbeil :
"J’ai créé des agents IA qui, chaque matin, me préparent une revue de presse… Ils peuvent trier l’information, mais ils ne peuvent pas rendre l’actualité plus légère !"

Vincent Klingbeil a fondé EDG, European Digital Group, spécialiste de l’accélération digitale, de la data et de l’intelligence artificielle. Ses différentes entités, toutes expertes dans leur domaine, emploient 2 600 personnes et travaillent pour des clients comme Decathlon, Danone, Ferrero, Ikea…

Vincent Klingbeil, Fondateur et Président d’EDG, European Digital Group (photo D.R.).

Comment vous réveillez-vous le matin ? Avec les infos à la radio, de la musique ou le bip-bip du réveil ?
C’est Alexa qui me réveille, et immédiatement avec de la musique. Ça peut très bien commencer avec I Want You Back des Jackson 5. Il y a pire pour démarrer la journée.

Comment vous informez-vous au quotidien ? Quelles sont vos lectures du matin ?
J’ai créé plusieurs agents IA, sur différents modèles, qui travaillent pendant que je dors. Chaque matin, ils me préparent une revue de presse sur les sujets que je suis, ainsi qu’une synthèse de l’actualité générale. C’est devenu mon premier réflexe. Ensuite, je vais lire les articles qui méritent qu’on s’y attarde.

Quelle est l’information qui pourrait, en ce moment, vous mettre de bonne humeur ?
Si je suis tout à fait honnête, en ce moment, c’est l’idée qu’un parc d’attractions Dragon Ball ouvre et que je puisse y emmener mes enfants. Plus sérieusement, étant un éternel optimiste, j’aimerais pouvoir lire une nouvelle positive concernant l’IA. Plutôt que d’être confronté à une actualité et un discours qui suscitent la peur, j’aimerais pouvoir me réveiller un matin et apprendre qu’un agent IA a contribué à soigner une maladie par exemple.

Regardez-vous votre téléphone dès que vous vous levez ?
Oui, immédiatement. Je suis curieux de voir ce que mes agents IA ont trouvé pendant la nuit. C’est un peu comme retrouver, au réveil, le travail de son équipe.

Redoutez-vous d’y lire, voir quelque chose ?
Comme tout le monde, je crois. On ouvre son téléphone sans savoir quelle nouvelle va donner le ton de la journée. Mes agents peuvent trier l’information, ils ne peuvent pas rendre l’actualité plus légère !

Et est-ce que vous y jetez un coup d’œil avant de vous coucher ?
Oui. C’est la première chose que je regarde le matin et souvent la dernière le soir. Je ne prétendrai pas être un modèle en matière de déconnexion !

Si vous avez 15 minutes à attendre, à perdre, que consultez-vous sur votre téléphone ?
Chess.com : je lance une partie ou je fais quelques problèmes d’échecs. Quinze minutes, c’est exactement le temps qu’il faut pour perdre une partie et se dire, juste après, qu’on aurait dû voir le coup venir.

Consultez-vous régulièrement les réseaux sociaux ?
Très régulièrement. LinkedIn d’abord, pour suivre les discussions autour de la tech, de l’entrepreneuriat et de l’économie. Instagram aussi, dans un registre plus personnel. Et j’utilise énormément WhatsApp, même si ce n’est pas tout à fait le même usage.

Quel est le dernier contenu que vous avez liké ?
Je like beaucoup de contenus autour de l’IA et de la tech, mais heureusement pas uniquement ! J’aime aussi beaucoup l’humour de Paul Mirabel, que j’ai d’ailleurs eu l’occasion d’aller voir sur scène.

Publiez-vous personnellement sur les réseaux sociaux ? Oui, tous les jours. Sur LinkedIn, je partage ce que j’apprends en construisant une entreprise, mes convictions et parfois mes désaccords sur la tech et le business. Sur Instagram, c’est plus personnel : mes enfants, des moments de vie, mais aussi des vidéos dans lesquelles je réponds aux questions de jeunes entrepreneurs. Au début de ma carrière, j’ai beaucoup demandé conseil. Aujourd’hui, j’aime être de l’autre côté de la table et transmettre à mon tour ce qui peut être utile.

Quelle est la meilleure appli pour vous joindre ?
WhatsApp, sans hésiter. C’est là que tout se passe, du professionnel au personnel.

Avez-vous un émoji préféré ?
Le smiley. C’est simple et efficace, il fait le travail dans presque toutes les situations.

Avez-vous de réels moments de déconnexion ?
Oui, le week-end en Normandie. Je change de rythme, je profite de ma famille et j’arrive à laisser un peu de place à autre chose. Enfin… la plupart du temps.

Les mails sont pour vous un outil, une nécessité, un stress ?
Une nécessité, mais certainement pas mon outil de communication préféré. Quand un sujet demande un vrai échange, je préfère appeler.

Combien en recevez-vous par jour ?
Au moins 400 par jour. Beaucoup contiennent une information à suivre, mais seule une poignée demande vraiment que je m’y arrête.

Quel usage faites-vous personnellement de l’IA ?
Pour à peu près tout. Je peux l’utiliser pour choisir un partenaire ou un prestataire, gérer mes travaux ou mon patrimoine, réfléchir à mes finances, taper la balle et me challenger ou encore me former sur un nouveau sujet.
Ce que je trouve le plus puissant, c’est la possibilité de confronter une idée à toute heure. L’IA peut être un coach, un sparring-partner, un mentor, une encyclopédie et parfois simplement un moyen de mettre de l’ordre dans ses pensées. Je l’utilise aussi beaucoup pour apprendre : je lui demande de me construire des cours sur les sujets que je veux approfondir.

À quel(s) moment(s) ouvrez-vous un livre ?
Surtout le week-end. Je peux aussi bien revenir à un classique que lire un livre sur l’entrepreneuriat. Et je dois avouer qu’il m’arrive de demander d’abord à l’IA de me résumer un livre : parfois, ça me donne justement envie de le lire en entier.

Quelle est la dernière lecture qui vous a touché ? Fait réfléchir ? Appris quelque chose ?
J’ai récemment relu Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig, forcément. Et, il n’y a pas longtemps, La Peau de chagrin de Balzac. J’aime beaucoup relire des livres : on ne les lit jamais tout à fait de la même façon quelques années plus tard.

Qui vous recommande ou conseille vos lectures ? Amis, médias, blogs, libraires ?
Un peu tout le monde : mes amis, les réseaux sociaux, les conversations… et de plus en plus l’IA. Je peux lui demander de me proposer des livres sur un sujet précis, puis aller les acheter. Elle m’aide à chercher. En revanche le plaisir de choisir et de lire reste le mien.

Quel est LE livre que vous aimez offrir à un ami ?
J’offre énormément de livres, mais assez souvent La Formule de Dieu, de José Rodrigues dos Santos. Parce que c’est un roman qui réussit à rendre passionnantes des questions assez vertigineuses : l’origine de l’univers, la science, la place de l’homme et même l’existence de Dieu.
J’aime beaucoup cette façon de mêler fiction, science et philosophie. C’est un livre qui nourrit la curiosité, qui pousse à remettre en question certaines certitudes et qui donne envie de continuer à réfléchir une fois la dernière page tournée. Et je trouve que c’est exactement ce qu’on peut souhaiter en offrant un livre à quelqu’un : lui raconter une belle histoire, mais surtout lui ouvrir de nouvelles perspectives.

Quel est celui qu’on vous a offert et qui vous a marqué ?
Une île, rue des Oiseaux, d’Uri Orlev. Une aventure exceptionnelle qui m’avait beaucoup ému. Il en a ensuite été tiré un film.

Y a-t-il un auteur qui vous inspire ?
Plusieurs, et dans des univers qui n’ont pas grand-chose à voir. Côté business, Peter Thiel, Marc Benioff, Tim Ferriss ou Guy Kawasaki m’intéressent pour leur façon de penser l’entreprise et l’action. Côté littérature et philosophie, je peux passer de Levinas à Victor Hugo, Balzac ou Flaubert. Je suis assez éclectique.

Quelle est la série qui vous a récemment marqué ? Pouvez-vous nous en faire le pitch ?
Ce n’est pas la série qui m’a récemment marqué, c’est probablement la série de ma vie : Breaking Bad. Je suis justement en train de la revoir avec l’un de mes fils. Pour moi, il n’y a pas mieux. Et si vous l’avez déjà vue, revoyez-la !

Avez-vous un film culte ? Une réplique culte ?
Le Parrain. Et forcément : "Je vais lui faire une offre qu’il ne pourra pas refuser."

Quel film pouvez-vous voir et revoir avec à chaque fois le même plaisir ?
Star Wars. Je suis un ultra-fan. Je peux revoir la trilogie originale en boucle, et j’ai transmis le virus à mes enfants.

Avez-vous un "petit plaisir coupable" en matière culturelle ?
Les mangas. Sans hésiter.

Si un acteur devait jouer votre rôle, qui choisiriez-vous ?
Jean Dujardin. J’aime l’idée de ne pas trop se prendre au sérieux !

Et si un auteur ou une autrice devait raconter votre vie ?
J.K. Rowling : autant transformer ma vie en saga !

Écoutez-vous des podcasts ? Lesquels ?
Énormément. En ce moment, notamment Silicon Carne de Carlos Diaz et Génération Do It Yourself de Matthieu Stefani. Mais j’en écoute beaucoup d’autres.

Sortez-vous régulièrement au théâtre ? Au cinéma ? À l’Opéra ?
Oui, surtout au théâtre. Avec des amis, nous avons créé notre propre petit club théâtre : une fois par mois, on va voir une pièce ensemble, puis on dîne et on choisit la suivante. J’adore ce rituel.

Quelle serait l’affiche de votre concert idéal ?
Pour rester dans le coup et surtout rester proche de mes enfants, j’ai appris les chansons de Jul par cœur. Je suis même allé le voir en concert. Donc aujourd’hui, je peux quasiment vous réciter du Jul !

Quel chanteur ou groupe regrettez-vous de ne jamais avoir vu sur scène ?
Michael Jackson. Vous l’aurez compris, c’est un fil rouge.

Quelle chanson pourriez-vous chantonner sur le chemin du travail ?
Heal the World, de Michael Jackson. Un peu naïf, peut-être, mais je n’ai jamais cru qu’on pouvait entreprendre sans une bonne dose d’optimisme.

Est-ce qu’il y a un conseil qu’on vous a donné quand vous débutiez et qui vous est toujours utile aujourd’hui ?
"Ne jamais mettre son ego au-delà de ses intérêts." Daniel Abittan, cofondateur de Châteauform’, me l’a dit au début de ma carrière. Je l’ai expérimenté plus d’une fois. Il y a quelques années, j’ai renoncé à une acquisition que je voulais vraiment faire parce que les conditions n’étaient plus les bonnes. Sur le moment, c’était frustrant. Avec le recul, c’est l’une de mes meilleures décisions. On peut avoir très envie qu’un projet aboutisse et garder la lucidité de s’arrêter.

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