Désordres mondiaux >
Désormais candidat, le chef de l'État, qui compte briguer un second mandat, doit faire face à une élection présidentielle qui ne ressemble à aucune autre. Difficile de se glisser dans la peau du candidat de la majorité lorsque l'on est, évidemment sans l'avoir prévu, chef de guerre et négociateur d'une tentative de processus de paix avec Vladimir Poutine. Pour le moment, et malgré les efforts considérables déployés par la France, ces tentatives d'apaisement sont des échecs. Que faire désormais ? Quelles options reste-t-il au chef de l'État ? Peu, en réalité. Difficile d'organiser des déplacements sur le territoire national tant la menace d'un conflit long et destructeur se profile en Europe, avec son lot d'incertitudes. Emmanuel Macron doit être disponible à tout moment pour réagir et décider. Difficile, aussi, d'imposer d'autres sujets que le conflit ukrainien, qui aura pourtant des conséquences très concrètes sur la vie des Français (augmentation de certaines matières premières, hausse des prix des carburants…). Décidément, cette « drôle de campagne », qui n'aura quasiment pas eu lieu, donne déjà le président de la République largement favori dans les sondages. Mais point de triomphalisme : au regard du taux d'abstention qui se profile et des désordres mondiaux en cours, gravité et modestie sont de rigueur.