Des atomes et des hommes >
Emmanuel Macron s’est rendu jeudi sur le chantier de l’EPR de Penly pour rappeler qu’il s’agit là du cœur de la relance du nouveau nucléaire en France. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. C’est le même Emmanuel Macron qui a pourtant ordonné en juin 2020, la fermeture de la centrale de Fessenheim – pourtant rénovée – donnant à Élisabeth Borne l’occasion d’expliquer qu’il s’agissait d’un "moment historique"…
Quelques jours plus tôt, Ursula von der Leyen, qui s’est illustrée par le passé par son absence de conviction et de colonne vertébrale, a reconnu à Paris que le déclin de l’énergie nucléaire – décidé par Angela Merkel et toujours défendu par Friedrich Merz - a été une "erreur stratégique".
Si nos grands chefs à plume sont allés aussi vite à Canossa, c’est parce que le prix du baril de pétrole s’est envolé après la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Ce conflit – dont notre nation sœur, le Liban, paye le prix le plus cher au cœur même de sa capitale – est tellement impréparé qu’il risque de se traduire par un enlisement, aucun changement de régime à Téhéran et la fermeture du Detroit d’Ormuz.
Cette guerre n’a pour l’instant qu’un effet positif : celui de rappeler que l’électricité reste la moins chère des énergies et la plus propre. Elle est précieuse aussi bien pour les ménages que pour l’industrie, qui depuis quatre ans, payent cher l’impéritie d’Angela Merkel et de quelques "écologistes" envoûtés par Greta Thunberg. Le problème c’est tout ce temps perdu… qui ne se retrouve jamais. Surtout lorsqu’il faut au moins 15 ans pour construire une centrale nucléaire, avant de recréer un embryon de filière.
Alors oui, le cap est enfin le bon. Oui, ce retour au nucléaire est une victoire du réel sur le dogme. Mais qu’on ne vienne pas nous vendre ça comme un triomphe ; ce n’est qu’une réparation. Une réparation tardive, coûteuse, et lente pour une faute dont les consommateurs, les industries et le climat ont déjà payé le prix lourd.